Le groupe de travail virtuel est aussi une foule sentimentale

Par 06 mai 2008 1 commentaire
Mots-clés : Smart city

L'expression des émotions influe notablement sur les performances d'un groupe de travail en ligne. Un message électronique explicitant des signes d'énervement peut ainsi s'avérer contre-productif.

La dimension émotionnelle a une importance primordiale dans le cadre du travail collaboratif, ce même lorsque les échanges sont essentiellement électroniques. Objet d’une étude menée par l’Institut de technologie israélien Technion sur les groupes de travail virtuels, la transmission des émotions via l’e-mail peut avoir une forte influence sur la productivité. Et notamment l’expression de la colère ou de l’énervement. Ces sentiments dits négatifs, exprimés par un individu dans un message textuel, se transmettraient au reste d’un groupe de collaborateurs par contagion émotionnelle - transfert des émotions d’une personne émettrice à une personne réceptrice. Un phénomène jusque là observé dans le cadre de réunions ou rencontres physiques. Ces conclusions ont été tirées d’une expérimentation consistant en la formation de plusieurs groupes virtuels.
Expérience de collaboration virtuelle
Chacun comptant chacun quatre étudiants du laboratoire de recherche comportementale. Les seuls échanges autorisés entre membres d’un même groupe étant l’envoi d’e-mails. Chaque participant s’est vu doté de différentes formes géométriques - cercle, carré, triangle. L’objectif était de regrouper ces dernières par catégorie. Un exercice qui nécessitait d’acquérir les symboles propres aux autres membres et donc une collaboration active. D'autant qu'au bout il y avait la promesse d'un gain financier fonction du résultat. A un moment donné de l’expérience, certains participants se sont vus délivrer des messages explicites du type "travaille plus vite" ou encore "tu es ennuyeux" par un de leurs collaborateurs. Résultat : l’expression de sentiments négatifs par un unique membre s’est transmise aux autres. Et ce, "en dépit du fait que les participants ne se soient jamais vus ni entendus durant l’exercice".
Contagion émotionnelle
Les personnes ayant reçu des messages comportant des signes d’énervement se seraient à leur tour mises à exprimer leurs idées sur un ton négatif. Les groupes intégrant la personne énervée ont ainsi échangé six fois plus de messages négatifs que les autres. Un impact qui s’est également traduit en termes de performance : les gains de chaque individu auraient diminué d’un tiers dans ces premières équipes. « De plus, ceux ayant travaillé dans les collectifs comportant une personne exprimant son ressentiment ont démontré une perte de confiance dans leurs propres capacités à mener leur tâche à bien », a ajouté Arik Cheshin, l’un des coordinateurs de l’expérience. Et ce dernier de conclure : "ces éléments sont à prendre en compte si l’on veut favoriser une collaboration efficace, y compris lors d’un travail à travers plusieurs continents".

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1 Commentaire

Très intéressantJe travaille sur les dynamiques inconscientes des groupes en ligne, et cette histoire de contagion émotionnelle m'intéresse au plus haut point. Ce serait intéressant de savoir si l'émotion se diffuse de façon homogène dans le réseau ou si elle est filtrée ou potentialisée par certaines personnes - ce que je crois

Soumis par Yann Leroux (non vérifié) - le 16 juin 2008 à 11h36

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