Le hashtag reste un bon moyen d'identifier les mécaniques de l'information

Par 10 novembre 2011 1 commentaire
twitter dynamic

En analysant le comportement des hashtags sur Twitter, il est possible de comprendre quel type de sujets a le plus de chance de se propager sur le site de micro-blogging, notamment grâce à des données exogènes au site.

Pour devenir vraiment populaire, un sujet sur Twitter doit être enrichi d'informations venant de l'extérieur. Voilà la conclusion à laquelle sont parvenue une équipe américano-européenne*, qui a observé les hashtags les plus populaires pour tenter de comprendre comment pouvait fonctionner la viralité de certaines données sur le site de micro-blogging. Pour ce faire, ils ont collecté 130 millions de tweets entre novembre 2008 et mai 2009 émis par 6,1 millions d'utilisateurs. En prenant en compte, entre autres le contenu, l'auteur, la date d'envoi, les éventuels retweets, les scientifiques ont pu sélectionner les 400 hashtags les plus populaires, qui étaient utilisés par au moins 500 internautes différents. En analysant sémantiquement les concepts liés à ces hashtags ainsi que l'évolution des pics de popularité, les chercheurs ont pu les classer en quatre catégories bien distinctes suivant leur mode de progression.

Plusieurs catégories distinctes de hashtags

Tout d'abord les hashtags dont l'activité est concentrée avant et durant le pic correspondant à un phénomène d'anticipation puis à du contenu posté massivement le jour de l'évènement suivi d'une chute drastique (concert, match...). Ensuite, dans un second temps, les hashtags dont l'activité est symétrique par rapport au pic correspondant à la date de sortie d'un film par exemple : on observe de l'anticipation puis des réactions. La troisième catégorie démontre une activité uniquement le jour du pic comme un discours ou une présentation politique que les internautes tweetent en temps réel. Les scientifiques ont constaté que pour les hashtags des deuxième et troisième types, il y avait beaucoup plus de retweets que de messages originaux. Ces évènements sont donc très dépendants de l'activité même de Twitter et la propagation épidémique de l'information est strictement interne.

Plus de retweets mais moins de viralité

Les chercheurs concluent que ces sujets ont bien peu de chances de devenir viraux et s'épuiseront vite car ils ne bénéficient pas de l'apport d'informations extérieures à Internet. En revanche, la dernière catégorie de hashtags permet d'observer une activité concentrée pendant et après le pic de popularité correspondant à un évènement inattendu ayant un gros impact (ici une fusillade dans une école américaine). Le phénomène est ensuite amplifié par des données exogènes apportées par les médias traditionnels qui sont ensuite repris massivement sur Twitter. Cela confirme que pour certains sujets, il y a un réel besoin d'informations extérieures pour qu'ils puissent se propager dans les discussions sur la toile.

(*) Université Pompeu Fabra (Barcelone), Northeastern University (Boston), Institute for Cross-Disciplinary Physics and Complex Systems (Palma de Majorque), ISI Foundation (Turin)

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Soumis par maud (non vérifié) - le 10 novembre 2011 à 18h56

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