[Health 2.0] L'anonymat, une préoccupation pour les réseaux sociaux de patients ?

Par 19 novembre 2013
Mots-clés : e-Health, réseau social, Europe
patient with computer

Unge chat propose un réseau social sécurisé aux patients afin que ceux-ci puissent discuter de leurs symptômes et s'entraider, tout en restant anonymes.

Si la communication est importante dans la relation au patient, les médecins et infirmiers se retrouvent souvent devoir délaisser la communication au profit de l'action. Unge Chat, dispositif de réseau social de messagerie instantanée pour les patients présent ence moment même à Londres à ‘occasion de l’événement Health 2.0, se détache des nombreux systèmes existants (tel que le français Hôpital Affinité) sur un point particulier : la sécurité. En effet, l’entreprise danoise propose une alternative aux aller-retours incessants des médecins et permettant un échange libre entre patients se faisant uniquement de manière anonyme et ce, pour éviter de divulguer des informations médicales personnelles.

Alléger le rapport patient-médecin

Ainsi ce ne sont que les infirmiers et médecins qui peuvent inviter un patient sur ce réseau fermé, assurant le fait que celui-ci soit bien un patient. L’anonymat assuré par la plate-forme permet ainsi aux patients de parler ouvertement, sans possibilité d'être reconnus, de leurs angoisses et symptômes à d'autres patients qui peuvent être ou avoir été dans des situations similaires.  "La plupart des patients pensent que leurs symptômes sont uniques quand bien sûr ils ne le sont que rarement, et d'autre part répugnent à échanger entre eux, notamment dans le cas de symptômes vus comme humiliants." explique Thomas Eriksson, le fondateur et directeur de Make, l'entreprise qui propose Unge Chat. Le personnel médical n'y a cependant pas accès, à moins d'une demande expresse auprès du modérateur dans le cas d'un patient présentant des problèmes psychologiques. "Nous n'avons pas ressenti le besoin d'y intégrer les médecins afin que les patients puissent réellement s'exprimer, qu'ils soient capable de dire qu'ils ont eu une journée de merde et être compris et soutenu plutôt que censurés. De plus cette solidarité fait qu'en cas de dégradation sévère de l'état psychique d'un patient, les autres préviennent le personnel médical." ajoute Thomas Eriksson.

Une initiative qui appelle à la systématisation

Unge Chat est aujourd'hui mis en place au sein de l'Hôpital pour enfants d'Odense, au Danemark, mais l'équipe de Make entend bien étendre le dispositif au delà de la tranche 13-25 ans. "De nombreux patients plus âgés, qui sont aussi plus susceptibles que les enfants de se sentir esseulés durant leur hospitalisation, sont venus nous demander de rendre Unge Chat accessible pour tout l'hôpital." déclare le directeur de Make. Mais l'équipe danoise voit plus loin et souhaite pouvoir sous peu intégrer des systèmes similaires entre hôpitaux nationaux puis internationaux. "Plus il y aura d'information et de personnes à qui parler, mieux se sentiront les patients." continue Thomas Eriksson.

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