Health 2.0: Le gouvernement américain facilite l’accès aux soins médicaux

Par 06 octobre 2016
Le gouvernement américain facilite l’accès aux soins médicaux

Des représentants du gouvernement américain étaient présents à Health 2.0 pour évoquer les initiatives innovantes mises en place par l’état fédéral pour favoriser l'accessibilité aux soins médicaux.

Aux États-Unis, le système d’assurance maladie repose majoritairement sur le financement privé. Ainsi, seuls 18,9% des 18-64 ans sont couverts par une assurance publique par le biais du programme fédéral Medicaid (qui vient en aide aux personnes les plus démunies) ou Medicare (dédié aux seniors). En dehors de ces deux catégories d’assurance publique et des assurances privées, subsiste une part substancielle d’individus non-assurés. En 2015, ils étaient 28,4 millions âgés de moins de 65 ans, soit 10,5% de la population américaine. Or, selon une étude conduite par le Ministère de la Santé américain, en 2015, 4,5% de la population n’a pu accéder à des soins de santé en raison de leurs coûts trop élevés. Le renforcement de l’accessibilité aux soins médicaux constitue ainsi un des axes de progression principaux du système de santé américain.

Le Ministère de la Santé prend appui sur la force de la communauté

Depuis l’entrée en vigueur des dispositifs de couverture de l’Affordable Care Act - plus connu sous le nom d’Obama Care 19,8 millions de personnes supplémentaires jouissent d’une couverture médicale en comparaison du chiffre de 2010. Une réussite dont le Ministère de la santé et des services sociaux est fière. Pourtant, la lutte pour la démocratisation de l’accès à la santé continue comme l’a souligné Karen deSalvo, ministre adjoint au bureau de la santé du Ministère de la Santé, à l’occasion de la conférence Health 2.0 sur la santé connectée qui s’est déroulée à Santa Clara en septembre dernier.: « Aujourd’hui encore, le code postal du lieu de résidence d’un individu révèle bien plus d’informations sur sa santé que la lecture de son génome ».

La réduction des disparités géographiques en matière d’accès aux soins est ainsi devenue le fer de lance d’une initiative du Ministère de la Santé lancée en 2015, appelée Public Health 3.0. Dans le cadre de ce projet, des sommets réunissant des acteurs du secteur privé, dont des start-ups, et du secteur public sont organisés dans différentes villes des États-Unis. Leur but ? Faire émerger des propositions concrètes basées sur la collaboration pour moderniser en local le système de santé publique. « L’innovation construite par la collaboration entre les parties prenantes est notre clé de réussite », a relevé Karen deSalvo.

Par ailleurs, Public Health 3.0 prône l’importance de la data et souhaite donner naissance à un système informatique permettant de mettre en avant les initiatives innovantes menées par les communautés locales. « Depuis huit ans, nous travaillons en amont avec les fournisseurs de soins de santé pour orienter positivement la manière dont sont effectués les soins tout en réduisant le coût pour le système global. Ces efforts payent d’autant plus si nous nous appuyons sur la donnée », a poursuivi Karen deSalvo. En mars dernier, plus de 40 leaders de tous secteurs et disciplines ont échangé à Washington D.C. sur la nature de l’infrastructure informatique à développer. Il en est ressorti la volonté de créer un tableau de bord à l’échelle fédéral qui puisse présenter des indicateurs en temps réel de l’impact de mesures prises par les gouvernements locaux pour optimiser le fonctionnement du système de santé. Pour cela, les participants ont relevé l’importance d’agréger non seulement des données de santé mais aussi des données sociétales, ce qui implique la création de partenariats avec des agences gouvernementales extérieures au domaine de la santé ainsi qu’avec des entreprises du secteur privé.

Le Ministère des Vétérans se met au rythme des start-ups

Le Ministère de la Santé n’est pas le seul Ministère amériain concerné par les affaires de santé. Le Ministère des Vétérans est en effet en charge de gérer l’accès aux soins médicaux de plus de 9 millions d’anciens combattants dépendants d’une couverture publique.

Or deux ombres majeures figurent au tableau de la gestion des services de santé accordés aux anciens combattants. Un scandale éclaté en 2014 mettait en lumière le caractère excessif des temps d’attente pour obtenir un rendez-vous médical auprès d’un hôpital publique. « L’accès des anciens combattants aux soins de santé, en particulier de santé mentale, doit être renforcé. La technologie constitue la plus belle opportunité pour réaliser cette ambition et nous centrer sur le patient », a expliqué LaVerne Council, ministre adjointe pour l’Information et la Technologie  auprès du Ministère des Vétérans, lors de la conférence Health 2.0.

Cependant, l’innovation a toujours été un sujet cher au Ministère des vétérans dont le budget IT dépasse aujourd’hui les quatre milliards de dollars. La première ébauche de dossier médical personnel fut d’ailleurs initiée il y a 30 ans par des membres du corps médical employés par le Ministère. VistA, de son nom, a depuis beaucoup évolué. Une plateforme permettant aux cliniciens de compléter le dossier informatique lors d’une consultation, appelée CPRS, s’est également greffée à VistA dès 1997. La dernière version en date de VistA porte le nom de HealtheVet. Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’un simple dossier médical électronique mais d’une véritable boîte à outils administrative à destination des vétérans comme des soignants. Celui-ci permet aux anciens combattants depuis un portail en ligne ou via une application mobile, d’accéder à leurs résultats médicaux comme leurs indicateurs de santé en temps réel et de planifier des rendez-vous.

Pour entretenir la flamme de l’innovation, le Ministère des Vétérans est également adepte des hackathons. En août dernier était ainsi organisé le VA Innovation Demo day, l’occasion pour les employés du Ministère de faire émerger des solutions innovantes en matière de services apportés aux vétérans, en particulier dans la santé, et de les présenter aux hauts fonctionnaires du Ministère.

 

 

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