[Health 2.0] Un contexte financier propice aux applications médicales, à tempérer

Par 20 novembre 2013
Mots-clés : e-Health, mSanté, Europe
mSanté

L'apparition du secteur des outils digitaux au sein de l'industrie médicale a généré un investissement très important, encore faut-il replacer cet engouement dans les tendances du marché.

Il existe désormais près de 97 000 applications médicales et ce, sans compter les nombreuses plates-formes et objets connectés existants ou qui devraient très prochainement entrer sur le marché. Ce seraient ainsi, depuis 2006, près de 7 milliards de dollars qui ont été investis dans le secteur de la santé digitale. Chiffre impressionnant qui s'incarne dans la profusion de startup et de produits, chiffre qu'on ne peut cependant que mettre en relation avec le peu de pénétration de ceux-ci auprès des institutions médicales. Comment alors assurer le retour d'un investissement dans ce secteur aujourd'hui? C'est à cette question que se sont attelés de nombreux experts et investisseurs à l'occasion du Health 2.0 qui se tenait à Londres depuis dimanche dernier.

Un contexte exceptionnel

Ainsi, lors de la conférence Investing in Digital Health - Why and How? Vishal Gulati, Directeur Opérationnel du fonds britannique Radiant Capital a expliqué que "La digitalisation de la santé suit une évolution extrêmement rapide, quant à savoir cependant si l'annonce sera au niveau des résultats espérés, la dynamique est d'épique proportion, c'est du timing dont nous ne pouvons être sûrs." Plus précisément, pour Janke Dittmer, Associé au Glide Healthcare Partners néerlandais : "Nous sommes dans un contexte particulièrement propice grâce à 4 grands facteurs, d'une part la réforme des services de santé aux USA est en train d'imposer des changements de fonds dans les business models, de plus la population vieillissant voit l'augmentation des coûts liés aux maladies chroniques". A cette évolution de la structure s'ajoute des avantages conjoncturels, "[...] la révolution digitale est bien actée aujourd'hui et d'autre part nous sommes en plein dans l'âge d'or de l'entrepreneuriat." continue-t-il. De fait ce ne sont pas que les USA qui ont ressenti le besoin d'opérer des réformes de fonds dans le fonctionnement de leurs institutions médicales, mais bien aussi les pays européens, confrontés comme en France aux coûts croissants de la sécurité sociale.

C'est un peu court jeune homme

La demande est donc bien présente pour une réduction des coûts et une amélioration de la productivité, cependant le secteur médical repose sur des critères bien spécifiques.A la différence des autres secteurs technologiques, l'industrie médicale nécessite d'un temps long pour pouvoir implémenter des innovations, d'autant plus si celles-ci sont des appareils médicaux ou touchent aux données des patients. En l'occurrence le manque de régulation empêche encore la pénétration, Vishal Gulati pense ainsi plutôt un moyen terme "Les business models vont changer doucement, penser une explosion du secteur avant 10 ans pourrait être risqué.". A l'image de la bulle des technologies écologiques, le fait que les technologies existent n'implique pas immédiatement une intégration dans les pratiques. Janke Dittmer le reconnaît volontiers, "Le problème est encore que ces technologies naissent de jeunes ingénieurs qui voient une application possible dans la santé, je pense qu'un réel retour sur investissement nécessite une demande précédant l'offre, plus concentrée sur les besoins des consommateurs." Argument particulièrement important dans le domaine médical où l'intégration de nouveaux procédés nécessite une preuve précise de l'utilité, là où les applications et produits existants souffrent encore d'une image de gadget, de par leur business models justement.

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