La m-health rendrait-elle plus effective la prise en charge des maladies chroniques ?

Par 07 novembre 2013 1 commentaire
m-health

Alors que le financement du système de santé pose sans cesse problème, les applications de bien-être pourraient faire évoluer son modèle et faire progresser les pratiques

La fièvre de la m-health ne ferait que commencer. C’est en tout cas l’avis d’un groupe de chercheurs américains dévoilé dans une étude publiée récemment sur le site du JAMA (Journal of the American Medical Association). Plus précisément, ceux-ci expliquent qu’on verra de plus en plus de médecins recevant et consultant des alertes de relevés biométriques anormaux et agissant en distillant des conseils par SMS, e-mail, appel ou en faisant venir en consultation selon les cas. Et ce, en particulier dans le domaine des maladies chronique. Car en s’attelant aux cas le nécessitant et ce de manière plus itérative, un suivi plus approfondi pourrait effectivement s’opérer. De plus, contrairement à la première impression, les chercheurs estiment que ce nouveau mode de gestion pourrait renforcer la relation entre les praticiens et les patients.

Une avancée significative dans le traitement des infections et des maladies chroniques

Selon l’étude, environ 34% des visites chez le médecin et jusqu’à 25% des prises en charge dans les services d’urgence aux Etats-Unis seraient liées à des infections dites aiguës. Les infections virales respiratoires ont par exemple un coût estimé à 40 milliards de dollars chaque année. En raison du rôle limité d'examens de laboratoire et d’examens radiologiques, les personnes présentant des symptômes d'infection des voies respiratoires supérieures forment une population propice aux diagnostics à domicile. Les smartphones permettant le contrôle de température corporelle ainsi que le suivi de nombreux symptômes grâce aux mesures biométriques pourront être à même de faire diagnostiquer la maladie et le traitement à suivre de manière plus efficace tout en réduisant considérablement le nombre de visites médicales. Par ailleurs, si plus de la moitié des adultes aux USA sont atteints de maladies chroniques, le système de soins actuel ne permettrait pas un suivi satisfaisant des pathologies comme l’hypertension. En effet, malgré le risque d'infarctus du myocarde, moins de la moitié des personnes souffrant d'hypertension ont leur tension artérielle sous surveillance.  Ainsi, une nouvelle génération de brassards tensiomètres peut transmettre des lectures individuelles ou des tendances à long terme à un clinicien, ce qui permet à la fois une rétroaction rapide et de veiller à ce que soit les patients qui en ont le plus besoin qui bénéficient des consultations les plus rapides. Une large gamme de technologies mobiles continue d'être mise au point afin de mieux traiter les dizaines de millions de personnes atteintes d'autres maladies chroniques comme le diabète ou l'asthme.

Une nouvelle façon de gérer les patients et d’exercer pour les praticiens

L’étude dévoile également que les applications de bien-être profiteraient de la convergence de trois tendances majeures. Tout d’abord, la non-viabilité des dépenses de santé plus communément appréciée sous le terme « trou de la sécu » amène naturellement à penser des solutions complémentaires. Par ailleurs, la croissance et l’expansion rapide à la fois des capacités de réseaux et des terminaux mobiles représentent une opportunité exceptionnelle pour l’échange d’un grand nombre d’informations. Enfin, les attentes pour une médecine plus individualisée et plus précise finissent de convaincre quant au bien fondé de ces applications. Toutefois, l’étude révèle que le nombre et la diversité des applications (les estimations varient entre 30 000 et 90 000) disponibles au téléchargement tranchent avec les quelques centaines de soins préalablement sélectionnés et remboursés par le système de santé. La complexité du fonctionnement de ce dernier ne permet pas d’espérer dans un premier temps de remboursement de ce type d’applications. Par ailleurs, l’absence de contrôle quant à ces applications ne permet pas de déterminer quelles applications sont réellement viables et efficaces.

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1 Commentaire

Une appli dans ce sens: Alerte fièvre qui permet de gérer des conseils, des recommandations de prises médicamenteuses et m^me d'appel au médecin en fonction de la fièvre

Soumis par Binet (non vérifié) - le 19 février 2014 à 18h55

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