High-Tech : un label vert pour valider les promesses des constructeurs

Par 26 janvier 2010

Plusieurs industriels et le Sustainability Consortium étudient l'impact environnemental de produits électroniques, de la conception au recyclage. Cela afin d'aider les consommateurs à identifier ceux peu énergivores.

"Les consommateurs veulent acheter des produits électroniques dont l’impact sur la planète est minimal", affirme Scott O’Connell, stratégiste environnemental chez Dell. C’est pourquoi l’entreprise, avec d’autres acteurs de l’industrie*, a choisi de collaborer avec le Sustainability Consortium pour développer un système qui facilitera l’identification des produits "verts". Co-administré par l’université d’état d’Arizona et l’université de l’Arkansas, ce dernier effectuera des recherches portant sur l’impact environnemental et social des produits électroniques tout au long de leur cycle de vie. Les résultats de ces recherches seront ensuite publiés pour que les plus verts d’entre eux soient aisément identifiés. L’objectif affirmé étant de standardiser les allégations des constructeurs. "C’est toujours une bonne initiative de parler de Green IT par rapport au matériel", explique à L’Atelier Pénélope Guy de Dotgreen.
S’intéresser au cycle de vie complet
"Le point positif de ce label est qu’il s’intéresse au cycle de vie complet du produit, de la conception au recyclage, en passant par son utilisation". Bémol, selon elle : on assiste depuis un certain temps à une inflation des labels environnementaux. "Il y a déjà énormément de solutions de ce type qui existent", explique-t-elle. "Les entreprises y attachent beaucoup d’importance mais elles sont perdues, certaines développent même leurs propres critères". En ce sens, le fait que le consortium s'intéressera également aux moyens de collaborer avec les programmes et standards préexistants comme Epeat ou Energy Star apparaît comme une option sensée. Les consommateurs sont en général déjà familiers avec ces derniers. Pour l’heure, le nouveau consortium se concentrera sur les ordinateurs - portables et fixes - et les écrans.
Gouvernements et grandes entreprises ont aussi un rôle à jouer
"Nous prévoyons d’étendre le projet à une liste plus large de biens électroniques dans le courant de l’année", explique un de ses responsables. "Au fur et à mesure que d’autres fabricants et vendeurs viendront participer au projet". Un manque d’exhaustivité qui laisse Pénélope Guy sceptique. "Ils ne traitent qu’une petite partie du matériel et laissent de côté tout le reste, ça rend les choses plus complexes", explique-t-elle. A son avis, l’avenir de l’initiative dépendra in fine des consommateurs. "Si ça reste une initiative de constructeurs et de vendeurs, il est peu probable que ça fonctionne", affirme-t-elle. "En revanche, s’il y a vraiment une demande des consommateurs, pourquoi pas". Les premiers résultats du consortium seront publiés au troisième trimestre 2010.
* Best Buy, HP, Intel, Toshiba et Wal-Mart sont également impliqués dans ce projet.

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