Horizon au beau fixe pour l'électronique organique

Par 25 mars 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

Le marché émergeant des composants aux propriétés physiques et chimiques nouvelles présente un très haut potentiel de croissance. Pour l'heure, des obstacles technologiques subsistent.

Si les technologies organiques ne sont pas près de remplacer les composants électroniques classiques - le marché fait encore figure de niche – les perspectives sur ce segment s'annoncent très prometteuses. Le poids de l'industrie des composants organiques devrait ainsi quasiment tripler d'ici 2010, selon les analystes de NanoMarkets qui viennent de publier l'étude "Organic Harvest: Opportunities in Organic Electronics Markets". Estimé à 400 millions de dollars en 2007, le secteur s'établira à plus d'un milliard en 2010 pour enfin exploser à 15 milliards à l'horizon 2015. Une croissance exponentielle tirée plus particulièrement par les succès attendus des technologies d'affichage OLED et des transistors organiques ultraminces (OTFT). Ces derniers composent notamment les systèmes d'écrans souples.
Le fer de lance OLED
Dans le paysage de l'électronique organique, OLED est la seule technologie à faire l'objet d'un développement commercial pour l'heure significatif. Ce marché, investi par une trentaine d'acteurs d'importance tels que Samsung, LG Electronics ou encore Pioneer, devrait s'établir à plus d'un milliard de dollars en 2011, soit trois fois son poids actuel, indique NanoMarkets. Un secteur qui devrait en outre opérer un glissement vers des applications d'éclairage plutôt que celles d'affichages prévalant actuellement. "C'est ce qui se dessine si on se place du point de vue européen. Visiblement, les instances communautaires ont privilégié cette voie dans le cadre de projets de recherche autour de l'éclairage domestique ou industriel", a déclaré à L'Atelier Gilles Le Blevennec, responsable de l'activité électronique organique au CEA Grenoble. Le chercheur reste cependant dubitatif quant à une si rapide "explosion" du marché : "on peut imaginer que dans le marché de l'électronique, les vrais solutions techniques ne seront pas d'aller chercher de nouveaux matériaux mais d'améliorer l'existant".
Défis technologiques
Gilles Le Blevennec souligne en effet la complexité de la production incluant des matériaux organiques, ainsi que des coûts s'élevant à "plusieurs milliers d'euros le gramme de semi-conducteurs organiques". Du côté des transistors organiques ultraminces, le cabinet NanoMarkets avance également des taux de croissance astronomiques, notamment dus au succès attendu des technologies de e-paper ou des applications de RFID. Pour ces dernières technologies de radiofréquence, on est toutefois encore bien loin des performances enregistrées par les puces intégrant du silicium. "Je ne connais personne capable d'assembler plus de mille transistors organiques de manière stable alors qu'une telle puce en contient dix mille", explique Gilles Le Blevennec. Pour lui, les technologies de "capteurs organiques" disposent d'un fort potentiel de développement. Un marché émergent qui atteindra 221 millions de dollars cette année, selon les estimations de NanoMarkets.

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