L’Hyperloop : le train avance mais n'est pas encore prêt à partir

Par 19 janvier 2017
Hyperloop

L'Hyperloop, ce projet de train circulant à près de 1100 km/h, a tout l'air d'un extrait de film de science fiction. Pourtant, il progresse réellement à coups de financements, séduit villes et gouvernements, le tout selon une organisation collaborative et en open source.

« L’Hyperloop est bien réel », a confirmé Rob Lloyd, CEO d’Hyperloop One sur la scène de Tech Crunch au CES 2017, rappelant ainsi la ligne de conduite déjà affirmée par Dirk Ahlborn, CEO de la branche Hyperloop Transportation Technologies au SXSW 2016. Depuis avril dernier, les choses se sont accélérées pour le train-capsule supersonique. En mai 2016, un premier test dans le désert américain près de Las Vegas, et une levée de fonds de 80 millions de dollars a notamment été réalisée pour soutenir le développement de ce chantier de titans. General Electric et la SNCF ont d’ailleurs compté parmi la liste des investisseurs. En octobre de l’année dernière, 50 millions supplémentaires se sont additionnés achevant la série B d’Hyperloop One.

Et 2017 devrait être annonciateur de bonnes nouvelles selon les dires de Rob Lloyd lors du CES 2017. 3e tour de table, premier test sur un prototype grandeur nature prévu au premier trimestre, augmentation des effectifs. Le rythme s’accélère donc pour l’Hyperloop dont le management souhaite voir trois exemplaires en service dès 2021.

Les villes sont en demande

Des partenariats de long de terme se dessinent entre Hyperloop et des villes. Selon une étude de faisabilité conduite en juillet dernier par Hyperloop One et KPMG, Helsinki et Stockholm pourraient ainsi être reliées en moins de 28 minutes. Le coût total du chantier est, quant à lui, évalué à 19 milliards de dollars. Avec 43 millions de trajets par an estimés, à un prix unitaire proche de 25 dollars, les revenus annuels de l’Hyperloop avoisineraient 1,1 milliards de dollars. L’étude évalue également la valeur du temps économisé par l’Hyperloop à 321 millions d’euros par an.

Avant d’enterrer l’Hyperloop sous la mer baltique, la Finlande pourrait constituer un des premiers terrains de jeu de l’Hyperloop. La ville de Salo a ainsi signé une lettre d’intention pour tester une liaison ultra rapide avec la ville de Turku, toutes deux situées en Finlande, premier pas vers une expansion rapide du projet sur le sol finlandais. Plusieurs études similaires à celles menées en Finlande sont en cours, notamment en Suisse, aux Pays-bas, au Royaume-Uni, à Moscou et Los Angeles.

Les Émirats, première terre d’accueil de l’Hyperloop

Parmi les investisseurs du dernier tour de table remportée par Hyperloop One, figure DP World Group. Originaire de Dubaï, il s’agit de la 3e plus grande entreprise d’exploitation portuaireau monde. En plus du capital apporté au projet, cette dernière a signé un accord avec Hyperloop One pour explorer les possibilités de transport de marchandises, en particulier de conteneurs, du port de Jebel Ali jusqu’au coeur d’Abu Dhabi. Comme l’a souligné Robert Lloyd au CES, avec cette opportunité, Hyperloop démontre sa capacité à révolutionner non seulement le transport de personnes mais celui de biens et invite dès lors à « redéfinir les villes et l’agencement immobilier ».

L’Hyperloop fait venir à lui les bonnes idées

L’Hyperloop a aussi présenté à l’occasion de ce CES les semi-finalistes de son concours international « Hyperloop One Global Challenge ». Depuis le dévoilement du concept en 2013 par Elon Musk, l’Hyperloop se veut collaboratif. Au delà de son modèle d’organisation novateur, l’entreprise a également lancé un appel à projets en mai 2016 à destination des entreprises, des universités et des gouvernements. Le but ? Faire émerger des propositions concrètes d’utilisation de l’Hyperloop. Plus de 2 600 dossiers issus de 17 pays différents sont ainsi parvenus dans les mains des équipes de l’Hyperloop, qui en ont sélectionnés 35. Les porteurs de projet ont été invités à rejoindre un des trois pôles de l’organisation (situés à New Delhi, Washington et à Londres) pour affiner leur projet main dans la main avec les ingénieurs d’Hyperloop.

Nul doute que ces propositions viendront répondre aux questions encore en suspens : comment ce nouveau mode de transport s'adaptera-t-il aux législations en vigueur dans les différents Etats américains et pays du globe ? 

Crédits photos : Hyperloop One

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