I-Slate fait de l'imprécision un argument pédagogique et écologique

Par 12 mars 2009
Mots-clés : Smart city, Asie du Sud

L'université de Rice a mis au point une ardoise électronique qui embarque une puce basse consommation. Celle-ci interprète les réponses des élèves même imprécises, ce qui requiert moins d'énergie de fonctionnement.

Complémentaire de l'OLPC, l'ardoise magique pourrait bien devenir un support de cours dans les pays en voie de développement. C'est tout cas le souhait des éducateurs de l'IIIT* en Inde et des chercheurs de l'université de Rice qui l'ont conçue. Baptisée I-Slate, leur une ardoise électronique embarque des exercices que les élèves font seuls ou en classe. Principal intérêt du système, qui pourra être construit à grande échelle et à bas prix : il consomme très peu d'énergie et fonctionne à l'énergie solaire. Il est composé d'une puce très basse consommation mise au point par Krishna Palem, de l'université de Rice. Cette puce a en outre la capacité d'interpréter les réponses des élèves et de s'adapter à l'imprécision.
La capacité d'interpréter
Elle se base sur la logique de la probabilité pour compléter une réponse même si toutes les données ne sont pas apportées. Par exemple, si un élève rédige une réponse en faisant des fautes d'orthographe, le système comprendra celle-ci et passera à l'étape suivante. Cette démarche permet, expliquent les chercheurs, d'utiliser encore moins d'énergie. Résultat, une consommation trente fois moindre qu'un composant traditionnel pour une vitesse de fonctionnement sept fois plus rapide. Techniquement, elle n'utilise pas la technologie de fabrication des composants électroniques traditionnels (CMOS*) mais une versi on appelée PCMOS pour Probabilistic Complementary Metal-Oxyde Semiconductor.
Vers un business model proche de la microfinance
L'ardoise sera le premier appareil à bénéficier de ce type de composant.Les projets d'usage pour l'I-Slate ont été présentés par Krishna Palem à l'occasion du 125ème anniversaire de l'Institute of Electrical and electronics Engineers, l'IEEE. Des prototypes seront testés au printemps prochain. En ce qui concerne le modèle économique, les chercheurs misent sur un procédé proche de celui utilisé par la microfinance pour la distribution et la maintenance des dispositifs. Le but étant de permettre au projet de fonctionner à terme sans fonds en provenance d'associations à but non lucratif et de créer des emplois sur le terrain.
*International Institute of Information Technology
*Complementary Metal-Oxyde Semiconductor

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