IBM veut rendre les superordinateurs encore plus puissants

Par 03 décembre 2010
une puce informatique

Intégrer sur une même puce des composants électriques et optiques facilite et accélère la transmission de données entre les dispositifs. Et du coup permet à la machine d'augmenter ses ressources de calculs.

Comment rendre les superordinateurs capables de brasser encore plus de puissance de calcul qu'actuellement ? En combinant les ressources de l'électrique et de l'optique, répond une équipe d'IBM. Elle a mis au point une puce qui intègre des nano-composants électriques et optiques sur un même fragment de silicium. Pour les chiffres, cela rendrait les appareils capables de réaliser un exaflop de calculs par seconde. Selon les chercheurs, cela permettrait aussi à la machine de disposer des mêmes ressources de traitement de l'information que le cerveau humain. Pourquoi un tel système ? "L'un des défis de créer des ordinateurs très rapides réside dans la capacité à transmettre rapidement un nombre très élevé de données entre des puces", explique William Green, l'un des responsables du projet.

Combiner optique et électrique

Mais alors que les fibres optiques le font mieux que les fils électriques, les composants qui convertissent les données en photons ne sont pas encore capables d'interagir. Ce qui signifie que les données auront toujours à circuler à travers les fils pour les atteindre, ce qui crée un goulet d'étranglement. Ici, les puces sont capables d'embarquer les deux technologies, et donc de faciliter cet échange. Pour y parvenir, IBM a développé une série d'interrupteurs photoniques, de détecteurs, de modulateurs et de guides d'ondes réalisés à partir de silicium. Tous ces composants ont été intégrés à l'intérieur des puces, ce qui fait que le même silicium qui compose les circuits électriques et les transistors du dispositif est aussi utilisé pour convoyer et convertir des photons.

Augmenter les capacités des jeux virtuels ?

Et pour les conduire hors de la puce via des milliers d'ondes, chacune d'une portée de 500 nanomètres. Un système moins coûteux, plus rapide et plus économe en terme d'énergie que les technologies conventionnelles faisant appels à des signaux électriques uniquement. Principalement, parce qu'il relie l'ensemble des composants en utilisant dix fois moins de silicium. IBM espère ainsi créer au cours des cinq prochaines années des ordinateurs plus puissants mais aussi donner un nouvel élan aux jeux virtuels sur consoles en augmentant le flux de données entre les cartes graphiques et les processeurs par exemple. Le projet a été présenté lors de la conférence SEMICON 2010 à Tokyo.

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