Ile-de-France : déploiement d'un réseau optique ultra haut débit

Par 23 juillet 2008
Mots-clés : Digital Working, Europe

Afin de maintenir sa compétitivité scientifique et économique, la région se dote d'un réseau optique à 40 Gbits/s. Objectif : permettre le traitement et la visualisation à distance de volumes massifs de données.

Le fait de pouvoir échanger des informations le plus rapidement possible est un élément déterminant de l'attractivité des territoires. Conscient de cet enjeu, le pôle System@tic  déploie en Ile de France le premier réseau à ultra haut débit multipoint. Piloté par Alcatel-Lucent, ce réseau expérimental s'intitule CARRIOCAS pour "Calcul Réparti sur Réseau Internet Optique à Capacité Surmultipliée". Il doit pouvoir atteindre un débit de 40 gigabits par seconde. Réalisé en partenariat et à l'attention des acteurs industriels et académiques de la région, cet outil devrait leur permettre de se connecter à distance à de très gros volumes de donnée afin de réaliser des simulations et du calcul numérique sur des supercalculateurs éloignés. Les utilisateurs du réseau pourront par ailleurs traiter et visualiser les résultats obtenus sur un mur d'image de vingt quatre millions de pixel et mesurant plus de cinq mètres de haut sur trois mètres de large.
Virtualiser la chaîne industrielle
Deux liens optiques véhiculant chacun une longueur d'onde à 40 Gbits/s ont été déployés. Le premier entre Clamart et Saclay. Le second entre Saclay et Bruyères-le-Châtel. "Les prototypes validés dans le cadre du projet vont donner lieu très rapidement à une version commerciale. D'ores et déjà, des opérateurs télécoms de premier plan demandent ce type de transpondeur", explique Eric Perrin-Pelletier, directeur d'Alcatel-Lucent Bell Labs en France. Tous les grands secteurs de la recherche utilisent en effet des outils de simulation pour la conception de produits innovants. Elles souhaitent évoluer vers un travail plus collaboratif avec les équipementiers ou les sous-traitants grâce à la virtualisation complète de la chaîne industrielle de l'entreprise. Quant aux grands programmes scientifiques (ITER ou autres), ils requièrent également de puissants outils de calcul et de stockage de données.
Maintenir la compétitivité des entreprises franciliennes
CARRIOCAS devrait donc servir à maintenir la compétitivité des acteurs mondiaux présents en Ile-de-France. "Pour le développement des énergies sans CO2, EDF mobilise les moyens de simulation les plus avancés. Avec CARRIOCAS, les nouvelles capacités de travail collaboratif vont permettre d'accélérer l'exploitation de masses de données considérables", explique par exemple Jean-François Hamelin, directeur des systèmes d'information chez EDF R&D, qui participe au projet au même titre que d'autres grandes sociétés, universités et instituts de recherche présents en Ile-de-France. Selon ses concepteurs, au-delà des applications scientifiques et industrielles, CARRIOCAS devrait, à terme, avoir un impact sur les réseaux Internet grand public de la région. Le projet bénéficie d'une enveloppe de vingt cinq millions d'euros dont dix millions de dépenses publiques.

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