Impact du commerce électronique interentreprises dans le secteur textile – habillement

Par 06 mars 2002
Mots-clés : Smart city, Europe

La filière française du textile/habillement compte 2 700 entreprises ayant plus de 20 salariés. Il s’agit essentiellement de petites et moyennes entreprises. Cette filière regroupe 206 000 salarié...

La filière française du textile/habillement compte 2 700 entreprises ayant plus de 20 salariés. Il s’agit essentiellement de petites et moyennes entreprises. Cette filière regroupe 206 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 165 milliards de F HT, dont un tiers environ est réalisé à l’exportation. 21 entreprises ont été interrogées, 4 observateurs extérieurs et 3 prestataires pour cette étude. Les entreprises du secteur interrogées utilisent majoritairement l’EDI pour gérer leurs relations commerciales avec leurs clients ou leurs fournisseurs. Le Web EDI est perçu comme une alternative pour les entreprises n’ayant pas les moyens financiers d’investir dans un système EDI. En revanche, les entreprises ayant investi dans l’EDI ne souhaitent pas migrer vers le Web EDI. Elles mettent en avant les problèmes de sécurité sur Internet et le souci de rentabiliser les investissements déjà effectués. Lors de l’enquête, une seule place de marché verticale était active en France dans la filière textile/habillement. Elle a depuis cessé son activité. Quelques projets ont aujourd’hui abouti pour certains. Aucune des sociétés interrogées n’a l’intention, pour le moment de mettre en place un portail. 15 des sociétés interrogées disposent d’un site, diffusant essentiellement de la communication institutionnelle. Six entreprises ont un site plus élaboré proposant des services comme des fiches technique ou des forums en ligne. L’enquête montre que des projets de déploiement d’outils e-business sont en cours, mais ils s’effectuent en ordre dispersé. La diffusion du commerce électronique est rendue difficile par les caractéristiques propres aux produits de la filière. Les produits font en effet appel à la vue et au toucher. La transaction est de ce fait difficile à automatiser, chaque produit nécessitant une expertise particulière. Souvent, les entreprises sont réticentes à mettre en œuvre des outils de commerce électronique passant, par exemple, par la numérisation de données jugées confidentielles ou trop nombreuses. La filière n’a aucune vision stratégique sur les NTIC. Les enjeux du développement du e-business ne sont pas perçus précisément pour les entreprises les plus pro actives. Elles s’impliquent dans le seul but de ne pas être dépassées, si l’usage du commerce électronique venait à se généraliser. Les attentes des entreprises de cette filière à l’égard des outils de commerce électronique se situent aux deux extrêmes de la transaction : l’amélioration des processus intervenant avant et après cette transaction. Les entreprises espèrent que les nouvelles technologies amélioreront significativement les process d’organisation interne, notamment la coordination entre les services ou les différentes entités. Globalement, la filière textile/habillement marque un retard significatif dans l’introduction des outils du commerce électronique. L’un des principaux freins évoqués par les entreprises interrogées est la qualité des réseaux. Elles invoquent fréquemment le manque de fiabilité des réseaux, ce secteur travaillant dans un milieu où les données sont confidentielles et stratégiques, ainsi que les problèmes posés par les virus informatiques. Enfin, la capacité des réseaux est souvent jugée insuffisante et les liaisons trop lentes. Huit des entreprises interrogées évoquent l’absence de sécurité des paiements en ligne. Si l’attitude des cadres dirigeants est un élément fondamental pour la mise en place de projets de commerce électronique, le coût de l’investissement nécessaire est considéré comme l’un des principaux freins à l’introduction de ces techniques.(Christine Weissrock – Atelier BNP Paribas – 06/03/2002)

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