Pour s'imposer sur Internet, l'Asie se concentre d'abord sur un développement local

Par 09 juillet 2013
Asie

Alors que l'Asie possède le potentiel nécessaire pour concurrencer des sites « géants » américains, elle ne parvient pas encore à s'imposer. Véritable désir ou simple nécessité, l'Asie se fraye progressivement un chemin et tente de faire face aux obstacles qui lui barrent la route.

Alors que la Chine parvient à détrôner économiquement les États-Unis de leur place de leader, ce pays – comme beaucoup d'autres en Asie – a du mal à s'imposer sur Internet. Dans ce domaine en effet, les pays occidentaux restent en tête et rares sont les sites asiatiques qui parviennent à s'exporter et à se faire connaître mondialement. Pourtant, avec l'expansion de la classe moyenne, et l'occidentalisation du mode de vie des populations, l'Asie semble ne plus avoir le choix et commence à se lancer. Mais avec des habitants très peu équipés en outils informatiques, un manque de financement certain et un problème de communication, les obstacles sont nombreux avant que l'Asie ne dépasse des sites comme Amazon, Facebook ou Twitter à l'échelle mondiale. De plus, l'étude « Good to grow? » publiée dans The Economist se demande si l'Asie en a seulement envie, car les résultats démontrent qu'elle se concentre sur un développement local.

Des problèmes à surmonter

Digitalement parlant, se développer est une chose difficile pour beaucoup de pays en Asie car de nombreux défis – comme celui de la langue par exemple – se dressent et peuvent se révéler être de véritables obstacles. A l'inverse de pays comme la Malaisie, Singapour ou les Philippines où le codage est plus facile car l'on y parle anglais, dans d'autres régions des plateformes doivent être créées à partir de rien et la plupart des startups n'ont pas les ressources financières nécessaires. Autre problème, les sites de m-commerce ou de e-commerce ont du mal à se développer car la majorité des habitants de l'Asie ne possèdent pas de carte bancaire. Alors qu'au Royaume-Uni ou en Corée du Sud, 65% des plus de 15 ans utilisent des moyens de paiement électroniques, ils ne sont que 13% en Malaisie, 9% en Thailande, 7% en Chine et 2% en Inde. Enfin, la croissance du marché intérieur est également un enjeu majeur pour les entreprises liées à Internet car elle implique l'essor d'une classe moyenne désireuse d'agir comme les populations des pays occidentaux.

L'Asie est en marche

Malgré les problèmes énoncés, l'Asie s'impose et l'on peut voir désormais que des sites comme Alibaba (Chine) ou Rakuten (Japon) font un plus gros chiffre d'affaire que Facebook (en 2012 respectivement 1 milliard de dollars, 1,7 milliard et 1,6 milliard). Mais l'Asie a beau avoir le potentiel pour se développer, il existe une volonté plus forte : celle de se concentrer au niveau national ou régional. Pour illustrer cela, des sites comme Baidu, QQ et Taobao (trois des dix sites les plus populaires à l'échelle mondiale) sont des sites en langue chinoise visant en grande partie (pour le moment) le marché intérieur. Mais cela pourra bien rapidement changer, surtout lorsque qu'un rapport de McKinsey Global Institute, suggère qu'en 2010 l'économie internet a contribué à 5,4% du PIB taiwanais. Même en Inde, où seulement 10% de la population est connectée, 1,6% du PIB et attribué à la croissance Internet. Cela est censé doubler d'ici à 2015 pour valoir 100 milliards de dollars.

 

 

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