L’impression 3D à la demande: un début encore timide

Par 15 mai 2014
lunettes impression 3D

En proposant de personnaliser son modèle de lunettes et l’imprimer en 3D, certaines marques franchissent un cap. Les enjeux sont forts mais les initiatives élargies à d’autres secteurs restent encore marginales.

Auparavant, les magasins, qu'ils fussent virtuels ou réels, se limitaient bien souvent à des points de vente, ils redistribuaient des produits commandés à des constructeurs. Avec l'impression 3D, la boutique peut devenir en plus un lieu de création et de production d'accessoires sur mesure. Dans le secteur de l'optique en France, Lissac se rapproche de cette idée avec ses impressions de prototypes de montures en 3D, sauf que le système oblige le client à se déplacer deux fois en boutique, et que in fine, la paire de lunettes est fabriquée comme n'importe quel standard.
 

Production à la demande

Le site australien de vente de lunettes en ligne, Sneaking Duck pousse l’expérience d’impression à la demande un peu plus loin. Depuis peu, en plus d'un large choix de montures, elle propose quatre modèles réalisés par le designer Andrew Simpson, de Vert Design et directement imprimés en 3D. Si le client ne peut pas encore commander la forme de monture qu’il souhaite, il peut néanmoins apporter sa touche personnelle en choisissant sa couleur, son type de verre, la longueur des branches et même écrire un message sur la branche extérieure gauche. En produisant une partie de ses produits à la demande, Sneaking Duck pourrait inspirer d’autres marques, fabricants ou designers. Mais aujourd’hui, tous les objets ne sont pas encore digitalisables et les matériaux pas suffisamment variés pour imprimer en 3D une grande variété de produits. 
 

Rester focalisé sur les attentes du client

Pour l'heure, Sneaking Duck vante l'aspect novateur de son initiative et le rôle de précurseurs des premiers commanditaires de ces lunettes réalisées via l’impression 3D. Or, outre le comportement “early adopters” à l’égard des lunettes imprimées en 3D, les clients recherchent l’assurance que le modèle choisi correspond à leur physionomie. Et débourser 360 dollars sans avoir essayé les montures au préalable - la commande se fait en ligne sur le site de Sneaking Duck - peut être un frein à l’achat. D’autant plus que l‘entreprise restreint les conditions de retour à des désagréments d'ordre matériel  (verre ne correspondant pas à la prescription médicale ou défaut de fabrication). L’impression 3D en direct en boutique pourrait présenter plus d’intérêt mais cela implique un changement radical de business model avec l’implantation pour les boutiques en ligne d’un lieu physique. L’impression 3D à la demande cherche donc encore ses marques. 

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