Impression 3D : entre démocratisation et aide précieuse pour la médecine

Par 02 avril 2014
impression 3D

L’impression 3D se généralise et se démocratise. Elle investit des domaines extrêmement variés. Constitue-t-elle toujours une réelle avancée ?

Considérée par Jeremy Rifkin comme un des éléments du concept de la Troisième révolution industrielle, l’impression 3D investit le  travail, la santé,  l’optique , le marketing personnalisé, ou bien encore les ménages.  Deux innovations remarquées à l’occasion du forum Netexplo incarnent deux tendances : d’un côté, la démocratisation de l’usage de la 3D, de l’autre son usage par la médecine pour des pathologies ou accidents très spécifiques. Quelles avancées et perspectives offrent-elles?  Plus largement, Laurent Ricard, associé du cabinet Sc21 spécialisé dans la transition numérique donne son point de vue sur les changements forts attendus dans l’impression 3D . Si la démocratisation constitue un changement de taille dans l’univers de la 3D, la santé semble être le domaine qui pourrait le plus bénéficier de l’évolution des techniques numériques avec de véritables réponses à la clé.

De la vie courante à la biotechnologie

Le projet 3D Mobile Scanner, commercialisé d’ici un an et développé par Marc Pollefeys, professeur  à l’Institut fédéral de technologie de Zurich (ETH), propose de scanner en 3D les objets de la vie courante ou ses proches, via une application mobile, puis de les imprimer en 3D. Mais si ce type de technologie s’inscrit dans une tendance, Intel, Fuel 3D ou encore une récente application développée par le Swiss Federal Institute of Technology de Zurich le montre, “une limite se pose” , prévient L. Ricard. “Certes, une imprimante 3D peut imprimer toutes sortes de petites pièces mais sans les matériaux, les utilisateurs risquent de très vite se lasser". Or, les matériaux restent limités dans ce domaine. En revanche, les perspectives pour le  secteur du e-commerce paraissent plus utiles. Avec le scanner 3D "l’utilisateur peut par exemple prendre une photo de son pied pour ensuite vérifier qu’il correspond bien à la bonne taille de chaussures choisies sur tel site et avoir une idée du rendu", explique le chercheur. Ainsi, les sites marchands peuvent espérer voir le taux de retour dont ils souffrent, diminuer sensiblement. Changement de décor et de perspectives pour Skinprint. Toujours à l’état de prototype, ce projet conduit par Ingmar Van Hengel est le premier à permettre une impression de la peau. "En un mois, nous sommes capables de reconstruire la peau du patient grâce à l’impression biologique" explique le chercheur.

Un marché en train de mûrir

Si l’impression 3D d’organe n’a rien de nouveau, puisque nous en parlions dès 2012 dans L’Atelier Numérique, celle-ci semble toutefois prendre un tournant intéressant dans le domaine de la médecine. Notamment concernant Skinprint, qui pourrait changer la donne de nombreux brûlés ou patients atteints de maladie de la peau. “Nous pensons que nous pouvons réduire d’un tiers les coûts de traitement des patients brûlés" nous confie Ingmar. Toutefois, "la véritable innovation, c’est qu’aujourd’hui grâce aux progrès technologiques, il y a une convergence entre la technologie et les usages", préfère préciser le chercheur Marc Pollefeys. Car en effet, "l’impression 3D s’inscrit aujourd’hui comme une évolution technique qui s’inscrit elle-même dans le cadre d’une technologie qui a déjà plus d’une trentaine d’années, le mot révolution est souvent très surfait" juge l’expert. S’il semble difficile à Laurent Ricard de dresser une cartographie des usages et marchés à venir pour l’impression 3D, il considère que ce marché “semble aujourd’hui véritablement en train de mûrir”. "Je compare souvent l’impression 3D à la photographie numérique il y a 20 ans (...) Aujourd’hui on ne pourrait plus vivre sans”.

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