Inde : le marché des télécoms profite aux opérateurs mobiles

Par 11 mars 2008

Avec un milliard d'abonnés potentiels, le marché indien est l'un des plus dynamiques au monde. Les opérateurs de téléphonie mobile bénéficient particulièrement de cette croissance.

Avec plus d'un quart de milliard d'usagers, les télécoms en Inde connaissent une croissance exponentielle. Sur ce chiffre, moins de 15% correspondent à des lignes fixes, selon la Telecom Regulatory Authority of India (TRAI). Le marché se répartit en effet entre 234 millions d'abonnés mobiles et 39 millions de détenteurs de fixes. La couverture des lignes fixes est largement assurée par les opérateurs publics, BSNL et MTNL. Cependant, ce segment du marché est en baisse, avec une diminution de 2 millions d'abonnés en 2007, malgré les tentatives de relance par les deux principaux acteurs : réseaux haut débit, offres de TV sur IP... Alors que dans le même temps, les opérateurs mobiles gagnent huit millions de nouveaux clients par mois. Pour répondre à cette demande grandissante, treize opérateurs mobiles se taillent leur part du gâteau et pensent investir 12 milliards de dollars d'ici à 2010, certains d'entre eux comptant s'étendre à de nouvelles régions du pays. Fin 2005, l'Inde comptait 75 millions d'utilisateurs de mobiles ; aujourd'hui on dénombre 234 millions de souscripteurs.
Un marché sans-fil juteux
Trois acteurs dominent ce marché : Bharti Airtel (avec 58 millions d'inscrits), Vodafone Essar (41 millions) et BSNL (38 millions). Ils sont cependant amenés à établir des arrangements pour les infrastructures : s'emparer d'un territoire qui fait un tiers de la superficie des Etats-Unis, tout dynamique soit-il, reste en effet coûteux. De nouveaux acteurs comptent par ailleurs pénétrer le marché : cinq compagnies se sont vues accorder une licence en janvier, ce qui signale une potentielle injection de plusieurs milliards de dollars. L'entrée dans le secteur reste une opération strictement régulée. Ainsi l'autorité de régulation des télécommunications a découpé le marché en vingt-trois segments, baptisés "cercles", chacun regroupant différentes catégories: rural, urbain, régions etc. Ces cercles se calquent en grande majorité sur les Etats indiens.
Les fournisseurs mobiles se partagent le réseau
Par exemple, le "métro", qui regroupe les quatre plus grandes villes du pays: il représente seulement 5% de population et compte pourtant près d'un cinquième des inscrits sur mobile. Un opérateur doit avoir une licence pour chacun des cercles. Le système de licence régule ainsi la distribution des réseaux aux opérateurs. Il en existe trois types : la "basique" qui se cantonne aux lignes fixes, la "Cellular Mobile Telephone Service" pour les mobiles et la "Unified Access Service" qui couvre les deux. La distribution des cercles suit un procédé particulier : le département gouvernemental des télécommunications délivre des lettres d'intention pour chacun des cercles. Il demande aux opérateurs de payer une avance et de présenter une garantie financière ainsi que des preuves qu'il ne possède pas plus de 10 % d'un autre cercle. Si ces conditions sont réunies, ils se voient délivrer la licence. Plusieurs fournisseurs se partagent donc un même cercle: ainsi Aircel détient vingt-trois licences. Les compagnies nationales gardent un avantage, même si elles sont talonnées de près par de grands groupes étrangers comme Vodafone.

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