En Inde, Whodunit cherche à comprendre le potentiel collaboratif des individus par le jeu

Par 05 février 2013 Laisser un commentaire
Whodunit challenge

De nombreuses études ont essayé d'analyser la manière dont les individus échangent et collaborent grâce aux outils technologiques. Qu'en est-il des pays où ses outils sont peu développés ?

Quel est la puissance des réseaux sociaux dans les pays, comme l'Inde, où seul un dixième de la population a accès à internet ? C'est ce qu'essaye de déterminer une équipe de chercheurs de Microsoft Research India, basée à Bangalore, par le biais d'un concours lancé depuis le 1er février dernier intitulé Whodunit (nom donné au roman d'énigme dans les pays anglophones). Celui-ci donne en effet pour objectif à la population indienne d'élucider les tenants et les aboutissants d'un événement fictif à l'aide d'indices, et cela, par l'intermédiaire du mobile et des échanges classiques en face-à-face. Le but est de découvrir la manière dont les habitants des pays en voie de développement ou des nouveaux pays industrialisés arrivent à collaborer au delà des distances et dans un temps imparti grâce ou non aux nouvelles technologies.

Utilisation du mobile à des fins non commerciales

Pour cela, le principe est simple : chaque individu souhaitant participer au concours doit appeler un numéro en laissant sonner une fois, puis raccrocher. Le but de ce dispositif est de ne pas faire dépenser quoi que ce soit aux participants. Puisque selon Rajan Vaish, chercheur à l'université de Californie, « les indiens ne souhaitent pas gâcher leur argent en appels téléphoniques et c'est pour cette raison qu'ils ont cette culture d'appels manqués ». Ensuite, le numéro renvoie un SMS à l'individu avec l'un des indices du jeu. Ceux-ci, au nombre de cinq, répondent aux questions Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? et Pourquoi ?, et sont envoyés de manière totalement aléatoire aux individus. Chaque mobile reçoit un seul indice, il est donc nécessaire de créer une équipe pour récupérer tous les indices. Mais tous les indices ne sont pas donnés à la même fréquence, ce qui implique que pour gagner l'équipe devra faire jouer son réseau le plus large possible.

Organisation des efforts appliquée à la recherche

D'ailleurs, d'un point de vue statistiques, Rajan Vaish estime à 500 le nombre d'appels nécessaires à la résolution du mystère. Et si ce concours a déjà été testé aux États-Unis, il a forcé les individus à organiser leurs efforts via e-mail et internet. L'intérêt est donc de voir comment en Inde, où ces technologies ne seront probablement pas utilisées, la collaboration va s'établir. « Probablement sur le lieu de travail mais pourquoi pas par l'intermédiaire des conducteurs de Tuk-Tuk » conclut Rajan Vaish. Autre difficulté rencontrée quant à la collaboration, la barrière de la langue, puisque le pays en compte pas moins d'une centaine. Mais la participation risque d'être largement relayée car l'équipe ayant réussi à réunir tous les indices le plus rapidement se verra offrir un chèque de 2000 dollars. En tout cas, les chercheurs espèrent que les futurs techniques utilisées par les participants pourront être ensuite adaptées par les gouvernements à la recherche d'individus disparus ou en fuite.

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