Les personnes peu influentes, parfois meilleurs relais de l'information

Par 25 mai 2012 3 commentaires
Réseaux

Les internautes dits influents et disposant d'un réseau important ne sont pas forcément ceux qui seront capables de propager une actualité. Notamment parce que ce qu'ils transmettent peut se diluer.

Pour diffuser une information rapidement sur un réseau social, il ne suffit pas de cibler les individus disposant d'un réseau puissant et interconnecté. Au contraire, le succès tiendrait à la combinaison de personnes disposant de peu de contacts avec d'autres ayant un réseau dense. Des scientifiques allemands ont réalisé une étude* qui le prouverait mathématiquement. Ils ont considéré Twitter et Facebook comme des "small world networks", c'est-à-dire que sur ces réseaux, il existe de nombreuses personnes hyper-connectées, reliées à d'autres personnes qui le sont tout autant, et qui représentent chacune une sorte de centre et de "monde" qui se suffit à lui-même. De cette façon, et en se référant à la très populaire théorie des « six degrés de séparation », une information relayée sur Twitter pourrait atteindre 45,6 millions sur 51,2 millions de membres en seulement 8 partages.

La propagation dépend de la structure du réseau

Mais ces personnes ne suffisent pas. De par l'importance de leur réseau, justement, une information peut vite se diluer. Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont simulé le processus de diffusion d'une information grâce à des algorithmes sur différentes topologies de réseaux, à la fois virtuel mais aussi réel. En utilisant une rumeur, considérée comme suffisamment intéressante pour retenir l'attention, les chercheurs ont utilisé deux mécanismes. Le premier appelé "Push model" : seules les personnes qui ont eu vent de la rumeur la partagent avec leurs réseaux et le second appelé "Push-Pull model" : chaque personne échange régulièrement avec son réseau toutes les informations qu'elle possède.

Relais entre petit réseau et hyper-connectés

A cela s'ajoute une notion de temps et le nombre de fois où l'information sera partagée. La simulation part d'un membre au hasard. Résultat : les personnes les "moins connectées" à d'autres joueraient un rôle essentiel car elles auraient la capacité d'informer leurs quelques contacts beaucoup plus directement qu'une personne au réseau plus large. Ceci impliquerait que pour diffuser une information, une multitude de petits relais aurait aussi un effet bénéfique. De plus, parmi les membres d'un "petit réseau", il serait probable de prouver la présence d'une personne "hyper-connectée" qui relayerait ensuite l'information à tous ses contacts.

* Doerr. B, Fouz. M, Friedrich. T, "Why Rumors Spread Fast in Social Networks", Max-Planck-Institut fur Informatik, Saarbrücken, Germany, Universitat des Saarlandes, Saarbrücken, Germany

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3 Commentaires

Bonjour, article intéressant :)
Je ne comprends pas bien cependant cette partie : "elles auraient la capacité d'informer leurs quelques contacts beaucoup plus directement qu'une personne au réseau plus large".

cf. "théorie du petit monde"

Si vous me le permettez je profite de ce commentaire pour partager cette video très courte : http://bit.ly/KoIIV7
Et celle ci un peu plus longue :http://bit.ly/Kg83Si

Soumis par fniccolini - le 25 mai 2012 à 16h59

Et je cherche la source et je ne trouve que "des scientifiques allememands" et une astérisque.

Soumis par Ranumao (non vérifié) - le 25 mai 2012 à 18h12

J'ai trouvé le lien pour lire la publication de l'étude:
http://phys.org/news/2012-05-rumors-fast-social-networks.html

Soumis par sgendrot (non vérifié) - le 30 mai 2012 à 13h38

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