Les infrastructures dans les nuages doivent se mettre au vert

Par 07 juin 2010

Pour rendre ces services plus respectueux de l'environnement, le laboratoire Clouds propose d'ajouter une couche entre machines virtuelles et clients, dédiée à réduire les dépenses énergétiques sans rogner sur les besoins.

Les services hébergés dans les nuages ne doivent pas seulement être sécurisés et efficaces, affirme une équipe de chercheurs australiens*. Ils doivent aussi être respectueux de l'environnement. Les scientifiques mettent ainsi le doigt sur un problème encore peu abordé en matière de cloud computing. Les serveurs faisant tourner ces plates-formes de services, de plus en plus utilisées par les entreprises pour stocker des données et accéder à des logiciels performants à moindre coût, consomment des quantités importantes d'énergie. Loin de déconseiller d'utiliser ces services, ils appellent à une prise de conscience générale et à la mise en place d'une "architecture" spécifique, qu'ils baptisent de "green service allocator". Celui-ci agit comme une couche supplémentaire venant s'insérer entre les utilisateurs de ces services et les machines virtuelles (VM), elles-mêmes en liens avec les serveurs physiques. Son but : mieux attribuer les ressources.
Plusieurs préconisations
"Le green allocator sert d'interface entre l'infrastructure du cloud et les utilisateurs", expliquent les scientifiques. Plusieurs outils permettent de déterminer les solutions les plus appropriées. En amont d'abord, avec le "green negotiator", un agent logiciel qui permet d'organiser au cas par cas - en fonction des exigences du client - la gestion des services de cloud computing. L'idée étant d'apporter plus de transparence au client sur les choix qu'il fait et sur leur coût énergétique. Dans la même infrastructure, un moniteur d'énergie détermine - cette fois en aval - les serveurs physiques nécessaires à un instant donné pour faire fonctionner telle ou telle application. Un gestionnaire de machines virtuelles (VM Manager) observant en permanence la disponibilité des machines. Les chercheurs ont également mis au point un système qui redirige les ressources utilisées de façon plus pertinente. Celui-ci enregistre l'historique des allocations pour les améliorer le cas échéant.
Développer des mécanismes automatiques
Les scientifiques précisent qu'il est urgent de développer de tels mécanismes automatiques pour permettre aux ressources d'être utilisées dans les meilleures conditions - du point de vue environnemental - c'est-à-dire de telle sorte que le moins d'énergie soit consommée pour une seule et même action. "Les centres de données ne sont pas seulement coûteux dans leur mise en place, ils sont aussi peu en phase avec l'environnement", notent-ils dans leur étude "energy-efficient management of data center resources for cloud computing". Les chercheurs chiffrent ainsi à plus de dix milliards de dollars la facture énergétique des centres de données en 2010 - citant des estimations de l'institut McKinsey. Et la consommation moyenne d'énergie pour ces serveurs est équivalente à celle de 25 000 foyers.
* Du laboratoire CLOUDS (Cloud Computing and Distributed Systems) de l'université de Melbourne, de Manjrasoft et de l'université de Deakin.

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