InLab Ventures lorgne vers le modèle de l'incubateur pour le capital risque

Par 22 septembre 2010
Argent

Son système, baptisé Venture Capital 3.0, vise à développer l'innovation en encadrant les équipes associées aux projets high-tech, ou encore en éliminant les intérêts versés aux investisseurs par les PME financées.

Dans le secteur des nouvelles technologies, le métier de capital risqueur doit être repensé, prônent les responsables d'Inlab ventures. Ceux-ci proposent une nouvelle approche, baptisée "venture capital 3.0", et qui vise à refondre le modèle économique du capital risque. L'objectif ? Prendre en compte les attentes des professionnels en intégrant certaines fonctions des incubateurs ou des "business angels". "Venture Capital 3.0 se fonde sur la prise de conscience que le métier a besoin d'un changement en profondeur", explique à L'Atelier Greg Doyle, partenaire chez InLab ventures et responsable du projet. Selon lui, ce modèle économique a l'avantage de favoriser l'innovation des start-up, qui peuvent se concentrer sur le cœur de leur projet. Le modèle élimine en effet les intérêts versés annuellement par les petites entreprises aux investisseurs. Ce qui leur permettrait de ne pas chercher la rentabilité dès la première phase de leur développement, et de prendre le temps de faire mûrir leur projet.

Favoriser l'innovation et associer différents acteurs

"Au début d'un projet, il est effectivement important que les inventeurs se concentrent sur leur innovation et il faut savoir les dégager de toutes contraintes qui viendraient freiner cela", reconnaît Bernard Louis Roques, general partner IT chez Truffle Capital, dans un entretien à L'Atelier. "En théorie, cela fait sens. Reste qu'en pratique, il ne peut y avoir de solution générique. Les personnes associées à un projet n'ont pas toujours des intérêts concordants, ni la même disponibilité", nuance-t-il. Un autre aspect du modèle proposé par la start-up californienne consiste à associer différents acteurs, autour d'un processus "scientifique" prédéfini. "Le capital risqueur doit être plus engagé auprès des entreprises de son portefeuille, jusque dans leurs opérations quotidiennes", développe Greg Doyle. Pour Bernard Louis Roques, cela peut fonctionner, dans une certaine mesure.

Le risque : voir l'intérêt des partenaires s'effriter

"Sur le court terme, cela peut s'avérer intéressant. Mais le risque, c'est de voir l'intérêt des partenaires pour le projet se diluer au fil du temps", avertit le spécialiste. "Le métier de capital risqueur ne se résume pas à être là au cours des phases dynamiques. Il faut un vrai accompagnement et des partenaires qui peuvent encourager le développement des projets", développe-t-il. Avant d'ajouter : "c'est un métier d'artisanat". L'initiative vise enfin à favoriser l'innovation en mettant en place des laboratoires collaboratifs. "Il faut une vraie association, une dynamique collective pour l'innovation", explique le responsable du projet. Selon lui, le capital risqueur ne doit pas se limiter à investir des fonds dans différents projets, il doit s'investir lui-même dans ces projets.

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