L'innovation, l'atout précaire des entreprises françaises en Chine

Par 27 novembre 2012
La CCIFC et Laurence Parisot

Reconnaissance de la marque et qualité du service client sont vus comme deux des trois avantages clefs des entreprises hexagonales installées dans l'Empire du Milieu.

Selon la dernière étude menée conjointement par le filiale chinoise de l'IFOP pour la chambre de commerce franco-chinoise (CCIFC), plus d'un cinquième des entreprises françaises voient le design, la qualité et l'innovation sur les produits comme un de leur avantage clef sur le marché chinois par rapport aux compétiteurs locaux. C'est en tout cas ce qui ressort des sondages qualitatifs et quantitatifs menés avec des entreprises installées sur ce territoire. Plus classiquement, ces mêmes sociétés sont près d'un tiers à estimer que le prix reste le principal avantage des entreprises chinoises. Mais il ne faut pas s'y tromper, la stratégie marketing et commerciale est aussi citée (13%). 

Perdre la bataille des brevets

Plus inquiétant, la qualité produit, l'innovation et le design feraient déjà parti du trio d'atout des entreprises issues de Chine. Laurence Parisot, présente à la conférence de présentation à Shanghai en qualité de présidente de l'IFOP, patronne du MEDEF et vice-présidente du Comité France Chine se déclarait "assez inquiète (pour la compétitivité des entreprises européennes, Ndlr) de voir les entreprises chinoises devenir premières en terme de dépôt de brevets". Tout en ajoutant que l'Europe, et l'Occident gardent pour le moment la main, en étant toujours responsables de la plupart des grandes ruptures technologiques. Pour autant, avec le rééquilibrage – estimé entre 4 et 7 ans selon certains économistes - des coûts salariaux entre la Chine et les autres grands pays industrialisés, la compétition sur le sujet de l'innovation va passer au stade supérieur. 

Autre sujet d'inquiétude, récurrent, la propriété intellectuelle

Si la Chine a mis en place un arsenal législatif plutôt au point, 41% des entreprises interrogées par l'IFOP estiment que c'est critique pour leur activité. Plus ennuyeux, plus de la moitié des sondés ont le sentiment qu'il n'y a aucune amélioration sur le sujet. Pour des cabinets d'avocat présents lors de la présentation, il s'agit surtout pour les entreprises d'utiliser les outils mis à disposition par la loi chinoise. Problème : le coût. Au point que certains demandent même à ce que le coût de la défense de la propriété intellectuelle soit éligible au crédit d'impôt... Pour Laurence Parisot, le souci vient de ce que "l'Europe n'est pas capable d'installer sur ce sujet un rapport de force suffisamment puissant et coordonné pour aider les autorités chinoises à progresser".

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