Des interfaces logicielles ajustées selon nos réactions inconscientes

Par 08 septembre 2009
Mots-clés : Smart city, Europe

Les logiciels devraient, dès leur conception, prendre en compte les processus inconscients de l'utilisateur. Cela permettrait une baisse des dépenses de formation et une amélioration de la productivité.

Tout le monde s’est déjà retrouvé à appuyer compulsivement sur le bouton « rafraîchir » de sa boîte mail dans l’attente d’un courrier important. Et cela en sachant pertinemment qu’elle est programmée pour signaler automatiquement l’arrivée de tout nouvel e-mail. Ce phénomène est la preuve, parmi d’autres, de l’importance des processus inconscients dans notre relation aux ordinateurs. Une étude de l’American InterContinental University de Londres analyse l’impact de ces processus et propose quelques solutions pour mieux y adapter les interfaces logicielles. Son auteur y explique qu’il existe deux modes d’apprentissage. Le mode explicite, qui agit comme une attention consciente et sélective envers un problème, et le mode implicite, où le processus d’apprentissage est plus inconscient et empirique.
Des mauvaises habitudes dont il difficile de se départir
Les logiciels conditionnent leurs utilisateurs à l’aide de stimuli. Si un utilisateur échoue à suivre les séquences comme elles ont été prévues, ils sont punis par l’apparition d’une « erreur système », un bug ou un plantage machine. Ce qui signifie souvent une perte de données et du travail supplémentaire. Logiquement, les utilisateurs adaptent leur comportement à ces stimuli. Ils peuvent ainsi prendre de mauvaises habitudes dont il est très difficile et coûteux de se défaire. Souvent, cela nécessite une aide professionnelle pouvant aller jusqu’à une courte psychothérapie. Les auteurs suggèrent qu’il serait plus simple d’accroître la perception des utilisateurs de leurs propres expériences inconscientes au contact d’un logiciel. Cependant cela pourrait ne pas suffire.
Intégrer l’inconscient dès l’élaboration des logiciels
Pour rompre ce cercle vicieux pouvant mener à une perte de productivité et à des situations de stress et d’épuisement moral, l’auteur suggère que les logiciels doivent mieux s’adapter aux processus inconscients. Lorsqu’ils travaillent à la conception d’un logiciel, les développeurs s’intéressent à deux choses : l’aisance d’utilisation, et l’utilité perçue du logiciel. Actuellement, ces deux concepts sont évalués à l’aide de questionnaires et de panels. L’auteur de l’étude explique que ces deux concepts sont en fait en partie liés à l’inconscient. De plus, un sentiment d’insatisfaction vis-à-vis d’une technologie peut ne pas être consciemment perçu par son utilisateur. Le chercheur suggère donc d’ajouter aux techniques d’évaluation l’étude des réponses non verbales et l’analyse faciale de l’utilisateur.

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