Les internautes, plutôt pacifiques lorsqu'il s'agit de collaborer en ligne

Par 28 juin 2012
Mots-clés : Smart city, Europe
online collaboration

Pour qu'une collaboration fonctionne, il est nécessaire que toutes les parties s'entendent. Mais est-ce si facile que ça en ligne ? Si l'on prend l'exemple de Wikipédia, on pourrait le penser.

Près de 99% des articles sur l'encyclopédie libre Wikipédia sont rédigés en collaboration dite "douce" : c'est-à-dire sans animosité entre les différents contributeurs concernant le contenu de ces articles. Ceux-ci se contenteraient simplement de corriger des erreurs mineures jusqu'à l'émergence d'un article consensuel, plutôt que de se lancer dans des "guerres d'édition". Un signe révélateur pour les chercheurs de l'Université de technologies et d'économie de Budapest que la collaboration est possible dans les nouveaux médias sociaux, créant ainsi nombre d'opportunités pour le traitement de tâches de taille et de complexité singulières. Pour en venir à une telle conclusion les chercheurs ont analysé un échantillon de pas moins de 233 000 articles et pages de discussion associées disponibles à la lecture en janvier 2010. Pour déterminer le nombre d'articles sensibles, ceux-ci ont pris en compte deux critères différents.

A la recherche des articles révoqués

Tout d'abord, la longueur des pages de discussion qui est révélatrice d'un conflit lorsque celles-ci sont très fournies. Puis dans un second temps, les chercheurs ont en effet analysé le nombre de révocations par article. Une révocation étant le fait d'annuler la contribution d'un auteur, soit un ajout soit un retrait. Ils sont partis du principe que plus l'article a été remanié plus il est susceptible d'être controversé. Mais cela ne suffisait pas : en effet, bien que les modérateurs de Wikipédia essayent au mieux de limiter ce genre d'actions par un code de conduite et des exclusions, certains articles sont « vandalisés » par des internautes à l'aide de spam et de bot. Les articles particulièrement lus étant des cibles propices, il n'est pas étonnant de trouver des révocations fréquentes. Donc, pour affiner un peu plus la recherche, ils se sont limités aux articles possédant une récurrence de révocations concentrées sur 2 personnes. A partir de ces résultats, ils ont découvert que sur les 233 000 articles de départ sélectionnés, moins de 100 d'entre eux ne présentaient ces caractéristiques et donc pouvaient s'apparenter à des "guerres d'édition".

Culture et autres évènements

Et parmi les similarités entre ces articles controversés, on retrouve notamment les sujets sensibles, tels que l'homosexualité (en particulier pour la page Wikipedia anglophone), la religion, les conflits, comme c'est le cas avec la page sur les îles Liancourt Rocks, un territoire réclamé aussi bien par la Corée que le Japon... Mais pas seulement, les chercheurs ont également constaté des conflits sur des sujets moins épineux comme la citrouille ou Benjamin Franklin. Et ceux-ci diffèrent également en fonction des différentes cultures. Ainsi, les pages espagnoles seraient particulièrement virulentes concernant les articles en rapport avec le football. Et les Allemands ainsi que les Hongrois n'utiliseraient pas du tout les pages de discussion pour commenter les erreurs dans les articles. Enfin selon les chercheurs, la majorité des "guerres d'édition" feraient leur apparition lorsqu'un événement nouveau en rapport avec le thème de l'article surgirait plutôt qu'en cas de désaccord avec le texte de départ.

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