Internet : le cauchemar du souffre-douleur

Par 24 février 2010

Martyrisé dans la cour de récréation, dans le préau, dans les couloirs des écoles, le souffre-douleur pouvait espérer trouver, avec Internet, un espace de tranquillité. Malheureusement pour lui, la vie n’est pas si simple, et les railleries en tout genre se poursuivent sur le Net.

Loin d’être en paix sur la Toile, le souffre-douleur s’y retrouve ainsi piégé, à la merci de ses petits camarades cruels. Selon l’université de Gothenburg, un jeune adolescent sur dix est ainsi victime de harcèlement sur Internet (on parle également de cyber-bullying). Wikipedia nous apprend que le terme bullying est un néologisme anglo-saxon forgé par le psychologue Dan Olweus dans les années 1970 à partir du substantif bully ("voyou"), pour désigner l’agression régulière d’un étudiant par ses camarades, dans un rapport de domination. Au départ, cela se limitait géographiquement au cadre scolaire. Désormais, pour le plus grand malheur des souffre-douleur, cela s’étend sur la toile.

"Ce type de harcèlement sur Internet s’avère plus sérieux que le harcèlement scolaire traditionnel", affirme Ann Frisén, professeur de psychologie à l’université de Gothenburg. "Le harcèlement traditionnel a en effet 'l’avantage' de cesser le soir et les week-end", explique-t-elle. En d’autres termes, les victimes de cyber-bullying n’ont aucun refuge. Les humiliations sont incessantes, et empruntent plusieurs voies (SMS, e-mail, chat, forum, Facebook, Twitter etc.). Point de répit, donc. D’autant que les auteurs de ces provocations répétées peuvent agir anonymement sur le Net. Ce qui constitue un avantage certain, quand on sait que tout bourreau qui se respecte est lâche, par nature. (Je prends volontairement un ton un peu moralisateur, même si je dois bien reconnaître quelques exactions envers certains de mes petits camarades, dans ma prime jeunesse).

Redonnons la parole au professeur de psychologie, qui prend un exemple assez caractéristique de cyber-bullying : le groupe Facebook "Vis om hatar Stina Johansson" (groupe de tous ceux qui détestent Stina Johansson) a été, selon elle, très difficile à faire fermer. Il a fallu plus d’un mois aux parents de la pauvre Stina pour y parvenir.
Conclusion de la psychologue : il y a urgence. Il faut prendre la mesure de ce phénomène et avertir les parents de ces dérives potentielles. Mais je ne vois pas très bien ce qu’ils pourraient faire, concrètement. Et ma conclusion personnelle est encore plus pessimiste. Selon moi, les boucs émissaires ont vraiment du souci à se faire…

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas