Internet débusque les CV menteurs

Par 30 octobre 2008 2 commentaires
Mots-clés : Smart city

En Grèce, les candidats sont nombreux à enjoliver leur pedigree quand ils postulent. Des modifications de la réalité souvent détectées par les employeurs grâce au web.

Plus des deux tiers des employeurs grecs annoncent avoir repéré un mensonge sur les CV qu'ils reçoivent, annonce le site d'emploi hellène Kariera. Une situation qui n'est évidemment pas propre au pays. Dans l'Hexagone, ce ne seraient pas moins de 75 % des employeurs qui estiment que les candidats modifient la réalité sur leur CV, explique à L'Atelier Corinne Zerbib, journaliste et directrice du site d'information Jobetic. Et selon les recruteurs grecs, les mensonges les plus fréquents concernent les diplômes obtenus, l'embellissement des responsabilités, les compagnies pour lesquelles le candidat a travaillé et l'intitulé de son poste. Seul problème : avec Internet en première ligne, il devient de plus en plus facile de se renseigner sur le prétendant au poste. "Aujourd'hui, le recruteur a les moyens de vérifier les informations en quelques clics", rappelle la responsable de Jobetic. Et d'ajouter : "on a l'impression qu'Internet facilite le mensonge, que l'on peut trouver des moyens d'acheter de faux diplômes, par exemple, alors que c'est le contraire".
Etre clair et concis
Il suffit en effet de taper le nom du candidat afin d'obtenir des informations sur lui, sur des réseaux, des sites d'anciens élèves ou d'écoles, etc. "Même de légères améliorations peuvent du coup véhiculer une image négative du candidat", rappelle ainsi Theofilos Vasileiadis, directeur de Kariera. Selon l'étude, près de la moitié des recruteurs qui se rendent compte d'un mensonge met directement la candidature à la poubelle. D'où la nécessité d'être sincère tout en sachant se valoriser. Parmi les recommandations du site : être clair et concis, indiquer ses compétences en plus de son expérience, et d'utiliser des mots-clés, les solutions de traitement automatiques se multipliant. Un soin à apporter autant à un curriculum papier qu'à l'identité que l'on affiche de soi en ligne. Reste à savoir si le processus de recrutement traditionnel - lettre de motivation/CV puis entretien - est viable.
Les réseaux sociaux prennent-ils le pas sur le traditionnel CV ?
Ce, à un moment où les employeurs regardent de plus en plus attentivement du côté des réseaux sociaux - voire des mondes virtuels - pour trouver leurs futurs salariés. Pour Corinne Zerbib, la question ne se pose pas. Sur ces réseaux, justement, l'internaute indique son parcours comme sur un document papier. Quant à sa page Facebook, il peut lui donner l'aspect qu'il souhaite, afin de véhiculer une certaine image de lui-même à des éventuels recruteurs. Celle-ci faisant du coup office de curriculum. Enfin, précise la journaliste, "ce qu'il faut savoir c'est que, quel que soit l'outil qu'on utilise, le recruteur se fondera toujours sur ce document immuable qu'est le CV". Et de conclure : "Sur Second Life par exemple, les candidats habilités à discuter avec leurs éventuels employeurs avaient été préselectionnés sur CV. On leur a permis de construire un premier dialogue avec le recruteur, mais on conserve la tradition du CV béton".

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2 Commentaires

Votre article montre clairement que le CV n'est plus un outil de sélection fiable pour le recrutement.

Il serait temps que les entreprises valident les compétences pendant le recrutement plutôt que de dépenser de l'argent à valider sa véracité.

En validant par les compétences, la question de la diversité serait moins présente pour les candidats discriminés par les 13 motifs actuels, les tribunaux allégés.

En recrutant sur les réseaux sociaux, les entreprises accélèrent l'effet clone du recrutement.

A ne recruter que des clones, les talents s'exprime ailleurs....

Soumis par Farini (non vérifié) - le 04 novembre 2008 à 15h31

C'est bien, comme ça on va recruter des maçons pour construire des prisons. Car bientôt ça sera un crime d'enjoliver sont cv. Et alors,un commercial qui à vingt cinq ans d'expériences,l'épouse d'un artisan qui a durant de nombreuses années tenu la comptabilité et autres...

Parce qu'il ou elle n'ont pas les diplômes requis sont bien obligé de mentir parfois sur leurs cv. C'est bien souvent de leurs vie qu'il en dépend et ne croyez vous pas que c'est aussi dur pour celles-ci - après avoir été recrutées - de prouver leurs compétences.

Si on pose la question à des chef de PME, entre compétences et diplômes car cela ne va pas toujours de paire, je doute fort qu'un employeur vire un(e) employé(e)compétent(e) s'il lui avoue ne pas avoir un quelconque diplôme.

Mais on est dans un pays de diplomite aiguë et l'on voie ou ça nous mène.

Comme vous l'aurez compris,il va de soit que pour les professions assermentées (Médecine, juridique, et autres bien que bardé de diplômes eux aussi font des conneries)la question ne ce pose même pas.

Mais pour un vendeur de fruits et légumes qui dira qu'il a un BEP ou je ne sais s'il confond un poireau et un aillé ça se verra mais ça fera moins de mal. Et voir même, qui sait, le client le remerciera de lui avoir vendu.

Car après tout l'aillé en croque au sel avec un bout de saucisson c'est un hors d'œuvre auquel il n'avait pas pensé

Soumis par pandi panda (non vérifié) - le 20 novembre 2008 à 13h01

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