Internet force le journalisme à se réinventer

Par 26 décembre 2008 1 commentaire

Face à l'essor du web comme principale source d'information, les médias traditionnels n'ont d'autre choix que de s'adapter. Leur évolution ne va cependant pas de soi et doit être le fruit d'une concertation globale.

Alors que quiconque peut recueillir des informations et les mettre en ligne, la notion même de journalisme a-t-elle encore un sens ? C'est à ce problème qu'est consacrée une étude du Berkman Center for Internet and Society de l'université Harvard. Intitulée Media Republic, celle-ci prend acte des bouleversements que subit actuellement le secteur de la presse (écrite, radio et audiovisuelle) et suggère que ce dernier n'est pas mort. A condition que soit engagée une réflexion globale associant tous les acteurs du nouvel environnement digital : journalistes, éditeurs, mais aussi bloggeurs, informaticiens etc. L'objectif étant de tirer le meilleur parti des nouvelles technologies pour assurer la mission première du journalisme : informer les citoyens. Les auteurs de l'étude remarquent en effet que la promesse de démocratie accrue que porte le web contient également des effets pervers qu'il convient de rectifier par une démarche proactive. Internet favorise certes le débat public et autorise désormais le plus grand nombre à s'exprimer.
Une promesse de démocratie qui ne va pas de soi
Si bien que la toile constitue une occasion inespérée d'offrir un contenu journalistique plus riche et représentatif qu'il ne l'a jamais été. Mais cette évolution ne va pas de soi. Pour perpétuer le même niveau d'exigence, les journaux doivent relever plusieurs défis. La baisse de leurs revenus est telle que les médias traditionnels sont tentés de consacrer moins d'argent à la couverture d'informations moins rentables : international, science, éducation, et plus généralement investigation ou long formats. Or l'essor des médias web, professionnels ou participatifs, ne suffit pas toujours à combler ce vide. De même, la participation de toutes les populations et sensibilités à l'espace médiatique en ligne n'est pas acquise. Bon nombre de voix et d'idées sont inaudibles sur la toile tandis que quelques communautés plus consensuelles tiennent le haut du pavé.
Un business modèle encore indéfini
Il existe par ailleurs trop peu de données sur la façon dont les nouveaux médias affectent l'opinion collective et l'engagement civique. La plupart des études quantitatives sont d'origine commerciales : elles s'intéressent aux consommateurs et sont effectuées pour des clients privés. Last, but not least : le modèle business des médias de demain demeure indéfini. La publicité ne suffira par exemple pas à financer la couverture d'informations importantes mais qui intéressent peu le grand public. Si donc il est vrai que le journalisme peut sortir renforcé de sa mutation numérique, celle-ci ne s'effectuera pas d'un coup de baguette magique : "ce ne sont ni le libre marché ni la sagesse des foules qui permettront seuls de redéfinir la presse comme service d'intérêt général. Il faut pour ce faire refonder les aspects éditorial, technique et financiers du métier. Ce qui requiert la collaboration horizontale d'un grand nombre d'acteurs".

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1 Commentaire

Vous soulevez là un problème monstrueux aussi bien quant à la synthétisation des informtions qu'à leur archivage : combien de temps dureront les infos stockées sur internet (énorme travail), sans compter la probable obsolescence des outils qui permettront de les lire...

Soumis par J. Desbruères (non vérifié) - le 29 décembre 2008 à 18h32

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