Internet : la mesure de la vitesse de connexion est relative

Par 19 juillet 2010

Selon le MIT, les méthodes de calcul de la rapidité du haut-débit aux Etats-Unis varient d'un outil à l'autre, et n'ont pas la même valeur selon les motivations des organismes.

Si la vitesse du haut-débit est souvent le critère privilégié pour évaluer la qualité d'une connexion Internet, il existe plusieurs méthodes pour mesurer cette vitesse. Ce qui relativise toute estimation, explique une équipe de chercheurs du MIT. Dans un rapport, les scientifiques soulignent ainsi la difficulté de mesurer cette fameuse vitesse de connexion. "S'agit-il d'évaluer le potentiel, c'est-à-dire la 'capacité' optimale de la bande passante, ou la 'vitesse moyenne' qu'est en droit d'attendre l'utilisateur ?", interrogent-ils. D'autres points sont également à préciser. La mesure s'applique-t-elle à la connexion d'un seul foyer, ou à celle d'un quartier par exemple ? Se place-t-on du côté de l'utilisateur ou de celui du fournisseur du service ? Dans quelles conditions les tests de rapidité ont-ils été menés ? Etc.
Des vitesses variant sensiblement selon les méthodes de calcul utilisées
Dans le détail, les chercheurs comparent notamment les chiffres mis en avant par YouTube, et ceux de Speedtest.net. Le premier rapporte une vitesse de chargement de 3.83 mbps en moyenne pour ses utilisateurs américains, quand le second constate une vitesse moyenne de près de 8 mbps. "Ces différences apparaissent encore plus prononcées pour certaines zones très localisées", expliquent les chercheurs. Ainsi, dans les environs de Boston, YouTube mesure une vitesse moyenne de moins de 6 mbps, contre plus de 15 pour Speedtest. "Ces différences varient en fonction de la méthode utilisée", notent les spécialistes. Qui précisent qu'en fin de compte, ces mesures se rapportent à des critères différents, et doivent être considérées de la sorte.
Différents modèles de mesure
"Prendre en compte les différences méthodologiques est essentiel pour comparer des données, qui sont autrement incomparables", estiment-ils. Et de rappeler que certains calculs du débit d'une connexion suivent le modèle "download" - qui mesure la rapidité avec laquelle l'utilisateur reçoit des données de la Toile -, quand d'autres suivent le schéma inverse - "upload" - qui consiste à évaluer la rapidité avec laquelle l'internaute transmet des données depuis son PC jusqu'à un serveur Internet. Les chercheurs du MIT entendent par là soulever un débat public. "En effet, les différentes perceptions de la qualité de la bande passante influencent les politiques de régulations, le comportement des utilisateurs (leurs souscriptions), les investissements, ainsi que les offres marketing", concluent-ils.

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