Internet ne modifie pas le comportement de chacun

Par 02 février 2010
Mots-clés : Smart city

Pour le laboratoire de Deutsche Telekom, la complexité des liens sociaux identifiée dans le monde réel se retrouve dans les communautés en ligne. Une approche qui vise à améliorer les interactions.

Pour étudier les comportements des participants au sein de communautés en ligne ou de jeux en réseau, les chercheurs s’inspirent souvent des modèles économiques. Pour cela, ils partent du principe que chaque "joueur" joue pour lui-même et que toute communication a pour but de maximiser son gain individuel. Un postulat qui n’exprime pas la réalité dans toutes ses facettes, affirme deux chercheurs des laboratoires de Deutsche Telekom. Selon eux, en plus des participants agissant de manière égoïste, on trouve aussi des utilisateurs altruistes et d’autres au comportement nuisible. Il est donc important de prendre en considération les motivations individuelles de chacun. Les chercheurs ont donc développé une matrice modélisant la volonté des joueurs d’établir des liens entre eux.
De nombreux profils possibles
Par exemple, un participant dont l’objectif est d’entraver le bon fonctionnement du système (pour une raison ou une autre) aura un objectif diamétralement opposé à celui de l’ensemble des autres membres. A l’inverse, un participant altruiste ne se contentera pas de prendre en compte son propre intérêt mais considèrera également celui des autres joueurs. Les chercheurs expliquent qu’il y a évidemment de nombreux autres profils possibles entre ces deux extrêmes. Des participants seront enclins à aider certains membres et se montreront hostiles envers d’autres. La matrice développée par les chercheurs a l’avantage de pouvoir décrire des modèles comportementaux très différents. Tous les scénarios sont également représentés : les scénarios dits "anarchiques" aussi bien que les situations de "monarchie" ou de "coalitions".
Les relations sociales se reflètent dans la nature du réseau créé
Dans le premier cas, chaque participant joue pour lui-même alors que dans le second l’ensemble des participants ne s’inquiète du bon fonctionnement que d’une seule entité réseau. Dans le dernier modèle, les participants s’entraident par petits groupes se concurrençant les uns les autres. Pour les chercheurs, les relations sociales qui existent entre les participants se reflètent dans la nature du réseau qui se crée. Lorsque les participants peuvent choisir avec qui ils vont être connectés au sein du réseau, c’est majoritairement avec leurs amis qu’ils le feront. L’intérêt d’un tel modèle est qu’il permet de comparer le fonctionnement de ces différentes "sociétés" selon divers critères. Les chercheurs expliquent ainsi que le réseau sera plus bénéfique à ses membres en situation de monarchie plutôt qu’en anarchie à condition que le coût de connection entre les participants soit faible.

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