L'internet des objets a besoin d'un réseau cellulaire dédié

Par 14 juin 2012 Laisser un commentaire
SigFox

Pour connecter les objets entre eux, SigFox propose un système basé sur un réseau à bas débit. Celui-ci permet notamment de couvrir une surface large et d'être moins gourmand en énergie.

Les objets connectés sont là, encore faut-il trouver les moyens de les connecter simplement, et à bas prix. L'un des moyens est peut être de mettre en place un réseau cellulaire dédié. C'est la voie suivie par SigFox, qui a lancé la semaine dernière un réseau à bas débit, qui permet de connecter des objets entre eux grâce à des bornes disposées sur le territoire national. SigFox fonctionne avec des petits modems qui doivent être connectés aux appareils. Modems qui ne mesurent pas plus de quelques millimètres carrés. Et qui s'occupent de recevoir et d'émettre de très petits signaux, des mWatts, soit des millimètres de Watts. De fait, cela en fait "une solution qui consomme peu d'énergie puisqu'il s'agit de signaux faibles, et qui résistent au passage du temps ; on pourrait oublier un modem sur un compteur électrique pendant vingt ans", note Ludovic Le Moan, PDG de la startup. Pour Philippe Gautier, directeur général associé de Business2any, un tel réseau répond à un véritable besoin. 

Un dispositif peu gourmand en énergie

Pour lui, le dispositif est intéressant pour ces aspects de l'intelligence qui, quantitativement, ont la plus grande importance au quotidien. "Il répond à un manque puisque l'on construisait inutilement des autoroutes pour très peu d'informations, surtout dans la mesure où les gros acteurs, comme les opérateurs, ont tendance à utiliser quoi qu'il en soit du haut débit, alors que les objets ont plutôt besoin de bas débit. Et de remonter vers le haut débit quand cela et nécessaire et que les données à transmettre sont plus complexes"", explique t-il à L'Atelier. Néanmoins, il est nécessaire de préciser que ce dispositif ne fonctionne qu'avec des appareils qui envoient de faibles quantités d'informations, comme le tracking GPS ou des capteurs de fumée. Ce qui en limite nécessairement l'usage. Reste que ce réseau présente trois avantages. D'abord, les bornes couvrent des surfaces importantes. "Dans un cas d'école, nous avons réussi à capter le signal à 400 km. Bien sûr, dans Paris, cela se réduit à 10 km à cause du bruit comme les immeubles et la pollution", souligne Ludovic Le Moan. Et d'ajouter que, parfois, "les dispositifs RFID sont largement suffisants, par exemple dans les aéroports, ou il n'est pas nécessaire d'avoir une portée aussi importante".

Un réseau international

 Le système ne fonctionne pas en continu mais simplement lorsqu'on lui demande une information, sans nécessité de synchronisation. Ensuite, il ne crée pas, du fait des faibles ondes, des interférences avec les autres appareils, à l'instar du réseau GSM et de la radio. A terme, l'objectif est de déployer un réseau international. Ce qui serait, entre autre, une condition de la réussite du projet. Car si aujourd'hui le service est proposé à 2 euros par objet et par an, ce qui est encore beaucoup pour un Internet des objets, le prix devrait baisser lorsque le nombre de clients augmentera, ce qui permettra de soutenir le déploiement du réseau. Et, ajoute Ludovic Le Moan, "d'arriver à terme, pour un individu, à deux abonnements : un abonnement mobile/ADSL, et un abonnement pour ses objets connectés à 20 euros par an". Néanmoins, précise Philippe Gautier, "Sigfox ne révolutionnera pas seul l'Internet des objets car il lui sera nécessaire de travailler avec des entreprises qui conçoivent différent les systèmes d'information aujourd'hui majoritairement adaptés au haut débit".

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