L’internet des objets nécessite-t-il des entrepreneurs confirmés ?

Par 05 décembre 2013
internet of things

Promu par certains comme la troisième phase de l’internet, l’internet des objets nécessiterait un amalgame de compétences et de besoins en financement difficilement accessibles aux débutants.

En agrégeant des problématiques web et industrielles, l’internet des objets serait le fait d’entrepreneurs au profil confirmé. C’est en tout cas un des enseignements à tirer du livre blanc du G9+ intitulé “Les nouveaux eldorados de l’économie connectée”et réalisé en collaboration avec Renaissance Numérique. En effet, les contraintes liées à la production, la technicité ou encore le coût à la fabrication et le fait de lier celles-ci au web semblent difficilement appréhendables par des débutants. “Faire un objet connecté, c'est comme faire un film : il faut gérer des dizaines de paramètres et d'éléments”, déclare Fred Potter, CEO de Netatmo dans cet ouvrage.

Le Tandem Marketeur/Développeur ne serait pas pertinent

L’empirisme semble en effet démontrer la thèse du Think Tank car les champions français de l’internet des objets comme Withings sont les fruits de réflexions d’entrepreneurs aguerris. Ingénieurs de formation, ces entrepreneurs connaissaient en outre déjà bien l’univers de la connexion au web. Et si bien des pépites du web ont été montées par le fameux binôme marketeur/développeur, l’Internet des objets en sonnerait leur glas.  “Dans l’objet, il y a une exigence qui est encore plus forte, notamment sur l'interface utilisateur et l'usage.”, explique Paul-François Fournier,  Directeur exécutif innovation au sein de BPI France. Ainsi, la simple adaptabilité d’une interface web ne suffit plus car pour s’adresser au grand public, il apparait nécessaire de gérer tout un processus de l’ingénierie au service « en passant par le design du software comme du hardware, sans oublier le management de la chaîne de production », rappelle ce livre blanc.

La barrière des investissements à l’entrée

Avide de compétences, l’internet des objets l’est également en investissement financier. En effet, l’étude nous apprend que les coûts liés à la conception, l’intelligence de la technique et du design, la production et la gestion du service nécessitent des investissements drastiques. “On ne peut pas se contenter de petits investissements, explique Fred Potter. “Faire un objet connecté, c'est un an de travail et deux millions d'euros d’investissement.” Si le soutien public demeure résiduel, un soutien opérationnel au déploiement des objets connectés peut être assuré par l’Etat. Par ailleurs, la BPI agit via le financement des fonds d’investissements dédiés à l’Internet des objets pour lever des fonds privés. Un investissement important implique également que les investisseurs voient en des profils confirmés un élément rassurant.

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