"Sur Internet, les outils de veille ne doivent pas oublier l'humain"

Par 26 janvier 2010
Mots-clés : Smart city

Les outils de veille sont nombreux et performants. Mais ils ne doivent pas négliger de faire une place à l'humain. Notamment, pour les entreprises, dans la définition d'une vision stratégique.

L'Atelier a rencontré Aref Jdey, bloggueur et spécialiste en systèmes de veille et management de l'information, à l'occasion de la journée co-lab sur la veille Internet, organisée par XWiki et Silicon Sentier.
L’Atelier : Comment décririez-vous le marché de la veille aujourd’hui ?
Aref Jdey : C’est un marché de niche, qui a l’avantage d’être particulièrement dynamique. L’un des piliers de cette activité est la collecte d’informations. Il s’agit d’une activité qui est à la fois extrêmement chronophage et, dans le même temps, automatisable à cent pour cent. On serait donc tenté de favoriser l’utilisation d’outils perfectionnés, au détriment du travail humain. Mais c’est justement parce qu’il existe aujourd’hui de nombreux logiciels performants qu’il est essentiel de revenir à l’humain, de faire le travail qui doit être fait en amont : à savoir, définir une stratégie de veille adéquate.
 

Dans quelle mesure cette collaboration humaine se situe-t-elle au coeur de l’activité de veille ?
La prise en compte des enjeux collectifs détermine la réussite d’une activité de veille. Il faut savoir canaliser les efforts, définir un plan stratégique. Prenons un exemple : les problématiques liées à l’image soulèvent des questions juridiques, mais aussi des questions marketing. Ou encore des questions de communication corporate, sur les valeurs que l’entreprise compte mettre en avant. Par conséquent, on doit s’interroger : qui doit piloter une veille d'image ? Il faut se poser la question car cela permet de définir le bon périmètre.

Autrement dit, les vrais problèmes ne se posent plus au niveau des applicatifs logiciels, mais au niveau du plan stratégique défini au préalable ?
Tout à fait. La veille pour la veille ne rime à rien. La valeur de cette activité, c’est lorsque l’on parvient à tirer le meilleur des communautés. C’est lorsque l’on favorise le collaboratif. Et c’est, enfin, lorsque l’on décide d’un plan stratégique dans un cadre global. Lorsque l’on fait de la veille pour l’action, en somme.

D'un point de vue plus général, à quelles exigences doivent répondre les outils de veille aujourd’hui ?
De nouveaux enjeux sont soulevés, en particulier pour les entreprises. J’en vois trois principaux : l’ergonomie des outils de veille, d’abord. La sécurité ensuite, car les entreprises doivent protéger leurs informations du mieux qu’elles le peuvent. Et la fiabilité de l’offre, enfin. Les logiciels qui sont proposés sur le marché sont parfois coûteux : il y a donc une exigence de la part des professionnels qui est tout à fait naturelle, et qui doit être prise en compte par ceux qui conçoivent les outils de veille.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas