Internet est une organisation méritocratique

Par 06 janvier 2009 1 commentaire

Internet n'est pas un espace anarchique. Les quelques jeunes pages qui arrivent à percer face à leurs aînées installées ne doivent leur succès qu'au taux de mortalité extrêmement élevé du contenu web.

Le réseau des réseaux est une méritocratie avec une forte mobilité. Pour tirer cette conclusion, des universitaires nord américains (*) ont étudié le web sous trois aspects. Dans "Experience versus Talent Shapes the Structure of the Web", ils ont mesuré le nombre de liens menant à une page (soit l'expérience), la possibilité qu'un internaute mette un hyperlien après sa visite (soit son potentiel), et le taux de création/disparition de pages web. Résultats ? Le web est un espace conservateur où ceux qui sont installés reçoivent le plus. Dans le même temps, des pages récentes ont tout de même la possibilité de connaître une croissance exponentielle, et d'atteindre voire de dépasser la popularité des plus anciennes.
Moins de 10 % des jeunes pages arrivent à percer
Mais la proportion de ces "prometteuses gagnantes" n'est que de 6,5 %. En outre, les chercheurs se sont aperçus que pour chaque page créée sur le web, plus des trois quarts disparaissaient dans le même temps. Au final, près de la moitié des pages les plus populaires au terme de l'observation sont des jeunes talents qui ont remplacé les expérimentés. Le groupe de travail précise tout de même que leur étude comporte un biais majeur. Le mois d'observation est court, et ne permet pas d'observer les pages dormantes, qui connaissent une forte popularité après des mois d'insuccès.
Améliorer la pertinence des recherches
Outre le fait de définir le comportement du web, cette recherche a un autre avantage. Elle pourrait améliorer la pertinence des recherches sur Internet : la potentialité des pages pourrait être introduite comme variable. Ce qui permettrait de ne pas avantager dans les résultats de recherche que les pages déjà installées. À noter que pour arriver à ces résultats, les universitaires se sont servis de la base de données Stanford WebBase. Celle-ci stocke 117To de pages web. Dans le cas qui nous intéresse, ce sont les archives de 2006 à 2007 qui ont été mises à contribution. Cela a permis de suivre l'évolution de 17 500 serveurs hôtes, soit encore 22 millions de pages web.
(*) Université de Californie à Los Angeles et Université de Regina au Canada

Haut de page

1 Commentaire

J'apprécie les articles de L'Atelier.
Toutefois, les illustrations (comme le graphique ici) sont trop petites, et donc illisibles...
C'est dommage et un peu frustrant.Bonjour,
Merci pour votre appréciation... Je suis d'accord avec vous, et particulièrement pour cet article. Avec la prochaine version de notre site, nous pourrons j'espère afficher des illustrations plus grandes.
Mais actuellement, du fait de la reprise de nos articles par MSN, nous sommes bloqués. Quant à l'article sur la méritocratie... on ne le refera plus :,)
Bien cordialement,

Renaud Edouard-Baraud

Soumis par Joss (non vérifié) - le 07 janvier 2009 à 11h52

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas