Internet dans les voitures : une distraction dangereuse

Par 30 octobre 2013 1 commentaire
Sécurité routière

La systématisation de l'implémentation de réseaux hauts débits au sein des voitures pourrait s'avérer générateur de risques en termes de trouble de l'attention, et ce même en main-libre.

Que ce soit GPS, assistance personnalisée par Internet ou maintenant l'apparition de montres connectées permettant un contact direct entre utilisateur et données de navigation de la voiture, ou simplement le fait de pouvoir téléphoner, non plus seulement depuis sa voiture mais à partir de l'ordinateur de bord, la connectivité automobile est importante. Cependant, si cette multiplication des taches lorsqu'on est au volant semble permettre une plus grande sécurité pour les conducteurs en mettant à disposition le plus d'informations possibles, une récente étude canadienne effectuée en réponse à la décision des autorités de mettre en place une structure publique permettant la connectivité à haut débit au sein des véhicules montre les dangers en termes de sécurité et d'attention. Cette étude, How speech modifies visual attention, dirigée par le Professeur Ian Spence du Département de Psychologie de l'Université de Toronto met en lumière les distorsions dans l'attention et la vitesse de réponse aux aléas dans un véhicule. 
 

Kit mains libre?

De même que l'utilisation du téléphone sans kit main libre est interdite par un grand nombre de codes de la route nationaux, le simple fait de passer un coup de téléphone, avec ou sans mains libre, peut s'avérer dangereux. Si l'argument avancé jusque là était celui de la tenue du volant, le développement d'applications vocale, ou justement le kit mains libre, ont permis de dépasser ces interdictions. Or les résultats avancés par l'étude du Professeur Spence montrent clairement que le problème ne tient pas tant à l'aspect physique, utiliser une main pour téléphoner ou taper sur son GPS, qu'au simple fait de penser l'action. L'équipe canadienne a ainsi fait subir à des volontaires divers test de réactivité. Divisés en deux groupes, l'un silencieux, l'autre écoutant et discutant, ces tests ont montré que si la discussion n'impactait pas particulièrement sur la capacité d'attention, les test demandant une concentration plus importante résultait en des différences notables en faveur du groupe silencieux. C'est ainsi le simple fait d'effectuer une tache mentale requérant une certaine concentration qui impacte la vitesse de réponse aux obstacles présentés sur la route. La concentration nécessaire à la conversation impacte ainsi la vitesse de réaction à hauteur de 200 à 900 milliseconds.
 

A la seconde près

Si cette différence peut apparaître relativement faible, voire même infinitésimale, cette latence correspond en réalité, pour un individu conduisant à 50km/h à 5,6m pour 400 millisecondes, et plus de 12 mètres pour 900 millisecondes. Mètres qui peuvent s'avérer cruciaux dans la possibilité ou non de freiner ou d'éviter un objet. Tout comme pour le kit mains libre, cette étude ne semble pas à première vue nous en apprendre beaucoup, et nous savons que la concentration est importante au volant, cependant, l'apport de l'approche dirigée par Ian Spence tient au fait qu'elle montre que le fait de parler ne va pas dans la majorité des cas empêcher le conducteur de voir un risque mais bien plutôt le retarder, retardant dès lors sa capacité à y répondre convenablement. "L'importance ne tenait pas au fait que le sujet réponde à la question ou simplement pense à la réponse, c'était la réflexion, non la parole, qui les a forcé à ralentir" conclut le Professeur Spence.

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1 Commentaire

Bien sûr ! Et bientôt, on interdira aussi au conducteur de parler aux passagers car cela ralentit aussi ses réflexes. Nous devenons fous à force de croire que nous pouvons supprimer tous les risques. Dans cette escalade, le maillon faible étant l'homme. interdisons-lui la conduite :-)

Soumis par zafu84 (non vérifié) - le 13 novembre 2013 à 15h49

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