"Pour introduire l'innovation en entreprise, il faut penser usages "

Par 15 mai 2009 2 commentaires
Mots-clés : Smart city, Europe

Les managers ne doivent pas se focaliser sur l'implémentation de technologies nouvelles pour faire évoluer les stratégies d'entreprises mais sur l'utilisation et les gains que peuvent en tirer sociétés et usagers. Entretien avec Thierry Grange*

L'Atelier : Comment fait-on pour faire entrer les technologies dans l'entreprise ? 
Thierry Grange : Avant d'implémenter toute innovation technologique, il faut penser à trois étapes préalables. Tout d'abord "l'acquisition" : s'assurer que l'innovation est bien pertinente. Ce n'est pas parce que celle-ci est séduisante qu'elle est nécessairement utile. Il faut faire attention de ne pas introduire une technologie que l'entreprise aurait dû installer précédemment. Ensuite il y a "l'approbation" : c'est une méthode basée sur les sciences sociales. Cela consiste à s'assurer que l'ensemble des personnes s'approprient l'innovation et sont conscientes des gains qu'elles vont en tirer. Puis il faut intégrer le phénomène de "résistance au changement". Enfin, il y a la "valorisation" : transformer cette technologie en une valeur économique, sociale, éthique etc. afin de pérenniser le processus d'innovation.
Une fois cette technologie mise en place, comment la gérer ?
Pour cela, le manager s'occupe de la gestion du portefeuille d'innovation. Des nouveautés apparaissent tout le temps. L'important n'est pas d'avoir la dernière disponible, mais celle qui va être utile l'année prochaine ou dans cinq ans. Ce n'est pas l'innovation qui importe mais l'usage. Les réseaux sociaux en entreprise sont indispensables car en phase avec la génération actuelle. Comme la plupart des technologies, ils ont eu un usage ludique puis se sont déplacés dans la sphère professionnelle. Ce qu'on appelle dorénavant les outils collaboratifs correspondent à un mode de vie en plus d'un besoin.
On parle souvent de la cartographie et de la stratégie de l'innovation. Qu'entend-on par là ?
La cartographie est une notion prospective et évolutive de la technologie. C'est-à-dire qu'on peut donner à chaque élément son coefficient de vieillissement. Mais également les évolutions possible des innovations. Mais il ne faut pas oublier que celles-ci sont guidées par les usages. Cette notion est particulièrement importante en "stratégie" car réussir sa stratégie technologique ne veut pas dire avoir un impact commercial positif. Il faut avoir une légitimité de la technologie. Nokia en a une là ou Apple a une légitimité ergonomique. Au moment de l'achat ils répondent à deux attentes différentes.
Doit on s'attendre à une rupture technologique et de nouvelles difficultés pour le management ou une évolution des technologies en place ?
La rupture technologique n'aura pas lieu car la courbe du cycle technologique est au début. Les réseaux sociaux et autres technologies de collaboration peuvent encore évoluer : devenir plus rapides, plus ergonomiques... Le nombre de connexions simultané va être augmenté. Plutôt qu'une rupture il va y avoir un processus d'incrémentation : plus d'individus, de sources d'informations... Toutefois un changement brutal peut arriver si le comportement vis-à-vis de ces technologies change. Encore une fois ce sera une question d'usages des consommateurs.   
*directeur de Grenoble Ecole de Management a été récompensé par l'Association Internationale pour le Management de la Technologie qui salue ainsi sa contribution académique au Management de la Technologie.

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2 Commentaires

est un grand manager sont tous de bons conseils à suivre

Soumis par television (non vérifié) - le 20 décembre 2009 à 11h28

bon c'est mon sujet de magistère... ce sont de bonnes informations pour le départ.
merci.

Soumis par gorari (non vérifié) - le 21 juillet 2010 à 22h47

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