Les investissements dans les semi-conducteurs sont très faibles en

Par 04 août 1997
Mots-clés : Smart city, Europe

France. Alors que l'industrie des semi-conducteurs représente en France un peu plus de 17 milliards de F de chiffre d'affaires et concerne 16 000 personnes environ, plus aucun projet d'usine n'a vu...

France. Alors que l'industrie des semi-conducteurs représente en France un
peu plus de 17 milliards de F de chiffre d'affaires et concerne 16 000
personnes environ, plus aucun projet d'usine n'a vu le jour depuis 1995,
année faste, et ses 15 milliards de F d'investissements. En revanche,
après avoir investi 17 milliards de F (quatre sites) en 1995, la
Grande-Bretagne a encore annoncé 26 milliards de F d'investissements en
1996. Les investissements annoncés en Allemagne entre 1994 et 1996 se sont
chiffrés à 21,8 milliards de F. Représentant 2 % de la production et de la
consommation mondiales de "puces", la "France perd du terrain" dans un
secteur en forte croissance et créateur d'emplois. Alors qu'au niveau
mondial, entre 1985 et 1995, les ventes de l'industrie des semi
conducteurs ont progressé de 20 % par an et l'emploi de 7 %, ces chiffres
n'ont été respectivement que de 10 % et 3 % en France. Pour que celle-ci
conserve en 2000 tout juste son rang, il faudrait créer quatre nouvelles
usines et 14 000 nouveaux emplois. Les industriels mettent en cause la
taxe professionnelle, impôt local indexé sur l'investissement pour une
grande part et demandent une modification du calcul de cette taxe.

Le fabricant américain de semi-conducteurs Atmel va inaugurer sa nouvelle
usine à Rousset dans les Bouches-du-Rhône. Après avoir réalisé début juin,
les premiers circuits tests, le site sera pleinement opérationnel fin
septembre ou début octobre. 1 000 tranches de silicium seront dans un
premier temps traitées chaque semaine (une centaine de circuits intégrés
sont "gravés" sur une tranche), puis à partir de la mi-1998, 2 500. Atmel,
créée en 1984 (1,07 milliard de dollars de chiffre d'affaires, soit 6,6
milliards de F, 202 millions de dollars de bénéfice en 1996) est
spécialisée dans la fabrication de mémoires et de composants spécifiques à
certaines applications dans l'informatique, les télécommunications,
l'automobile. Quelques mois après le rachat de la société ES2 dont le
siège et l'usine sont à Rousset, Atmel avait annoncé en novembre 1995 la
création de l'unité de Rousset. Outre le coût d'1,5 milliard dans cette
nouvelle usine, Atmel a investi 450 millions pour faire passer celle d'ES2
d'une production de 300 tranches par semaine à une production en volumes
de 2 000 tranches par semaine. Selon M. Colvin, administrateur et
directeur financier d'Atmel-ES2, alors qu'Atmel pourrait créer en
2000-2001 une troisième unité à Rousset "l'équipe française craint que ce
projet ne lui échappe. Le différentiel de coûts est défavorable à la
France en raison d'une fiscalité -à cause de la taxe professionnelle
particulièrement- plus lourde qu'ailleurs".

A la demande du ministère de l'industrie et du Sitelesc (Syndicat des
Industries de tubes et semi-conducteurs), Dataquest a réalisé une étude
prouvant que l'installation d'une usine crée plus de 6 500 emplois. En
effet, pendant les dix-huit mois environ que dure la construction d'une
usine, 3 550 emplois sont créés (2 850 pour le chantier et ses
fournisseurs, 700 dans les commerces et services environnants). Une fois
opérationnelle, l'usine emploie 1 200 personnes en direct (65 % en
production, 20 % dans les services fonctionnels, 15 % en développement).
90 % de ces salariés sont titulaires au moins d'un bac. 85 % des
recrutements pour l'unité de production sont régionales. Chez ses
fournisseurs (matériaux et équipements, services, formation), l'usine de
production crée 1 000 emplois supplémentaires auxquels on ajoute 850 à 1
000 emplois dans les commerces et services locaux.
(Le Monde - 05/08/1997)

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