Le jeu amène lui aussi à réfléchir aux problématiques du Big Data

Par 24 octobre 2013 Laisser un commentaire
Big Data Watching you

Alors que le jeu Watch Dogs proposera d’incarner un hacker, le site évènementiel “WeAreData” permet de prendre conscience de la prépondérance de la data dans notre vie quotidienne.

Pour assurer la promotion de sa nouvelle franchise, Watch Dogs, dont le personnage principal est un hacker naviguant au milieu du monde des données, l’éditeur de jeux vidéo Ubisoft ne s’est pas contenté du traditionnel trailer mais a mandaté l’agence BETC Digital pour une expérience toujours plus immersive. Résultat de cette initiative : le site WeAreData qui permet à la manière du héros du jeu d’observer de nombreuses données inhérentes à l’espace urbain qu’elles soient socioculturelles (taux de chômage, salaire moyen, prix au mètre carré…), géographiques, ou de type plus pratiques ou techniques : réseaux Wifi, observation des déplacements des métros, activation des bornes de téléphonie mobile,  des champs magnétiques ou bien des caméras de surveillance.  Et si cinq mois seulement ont été nécessaires à récolter et cartographier ces données disponibles gratuitement, c’est parce que “la smart city est déjà réelle”, explique Eugénie Valletoux, directrice de clientèle chez BETC Digital. “Elle marque la limite entre fiction et réalité et fait prendre conscience que les données sont là et sont utilisables”.

API et Open Data rendent utilisables un grand nombre (trop ?) de données

Ainsi, le site WeAreData donne la possibilité d’apprécier la cartographie des données grâce à une vue subjective des quartiers de 3 grandes capitales européennes : Londres, Berlin, Paris.. Le dynamisme des données est par ailleurs accentué par l’incrémentation en temps réel des tweets ou partages Instagram géolocalisés. Car selon ses créateurs les API de Twitter et Instagram sont les plus ouvertes parmi les réseaux sociaux et ont permis une utilisation des données de manière largement abordable. Données sociales par ailleurs rafraichies par plage de quelques minutes, laissant entrevoir non seulement la capacité du système à récolter des données mais également à les gérer. En ce qui concerne les données de transport, si l’API de la RATP n’était pas encore finalisée lors de la réalisation du projet, le système GTFS de Google en libre accès et déjà expérimenté aux États-Unis dans des villes comme Portland est à même de fournir de manière fiable la véritable fréquence des trains en temps réel. Seules des restrictions juridiques ou une “autocensure” permettent en fait de ne pas afficher certaines informations. Ainsi, comme nous l’explique Eugénie Valletoux, “un tel projet n’aurait pas été possible à mettre en place à Hong Kong où l’essentiel des données est protégé”.

Une prise de conscience attendue par les citoyens

Cependant, la possibilité d’afficher le taux de criminalité ou la consommation électrique laisse entrevoir la possibilité d’intrusion dans la vie privée. En effet, la possibilité d’obtenir d’un seul coup d’œil la « digital shadow » d’un utilisateur, c’est-à-dire son activité sur les réseaux sociaux, peut être source d’angoise. C’est d’ailleurs l’effet attendu, puisqu’Aiden Pierce, le héros du jeu, invite, à sa manière, l’utilisateur à effacer toute ses données en téléchargeant une application sur smartphone. La prise de conscience de l’étendue des données que nous fournissons personnellement et collectivement est alors totale. Il appartient par conséquent au citoyen de posséder ses données. “Toutes les sources mentionnées sur le site sont réexploitables” précise Thomas Boutte, directeur de clientèle à BETC. En attendant, les utilisateurs se sont déjà appropriés le site puisqu’il servirait aux recherches de vélo en libre-service disponibles. Et ce n’est qu’un début : “Le projet n’est donc pas clos et des évolutions sont possiblement à venir” conclut-il.

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