Le jeu vidéo devient-il un contenu produit par ses utilisateurs ?

Par 19 mars 2008
Mots-clés : Future of Retail

Après l'écrit, la musique et la vidéo, le jeu vidéo subit les premiers assauts du User Generated Content. Digini propose ainsi une solution de développement intégrée destinée à ouvrir la conception de jeux vidéo aux novices.

La créativité ne suffit pas pour développer un jeu vidéo, cela nécessite une forte expertise technique. C'est cet écueil que Digini souhaite dépasser : l'éditeur livre un environnement de développement clé en main. Celui-ci propose une interface utilisateur simple d'utilisation et y intègre les principaux outils de création. But de cette solution, baptisée Blade3D : simplifier la conception de jeu pour les artistes, graphistes et amateurs éclairés du monde du jeu vidéo, rebutés par la complexité des modèles de conception traditionnels. La solution, basée sur un modèle d'abonnement mensuel (*), permet en effet de profiter de manière illimitée de la plate-forme et d'une gamme d'outils adaptée à ses besoins. Trois forfaits sont proposés, de la solution basique réservée aux amateurs (quinze dollars) à celle proposée aux professionnels, et facturée près de cent dollars par mois. Toujours dans une optique de simplification, la plate-forme utilise les formats industriels standard pour la conception de plans, de textures et autres rendus.
Casual et serious games en ligne de mire
Un tel support de création s'adresse principalement aux développeurs indépendants. "Cet environnement semble être un bon outil intermédiaire pour le développement de jeux comme les casual games ou les jeux d'arcades, qui répondent à une véritable demande", explique à L'Atelier Eric Viennot, directeur de création chez Lexis Numérique. "Il pourrait également se révéler très utile dans le domaine du jeu B2B", ajoute-t-il. Permettant ainsi non seulement aux auteurs indépendants mais également aux entreprises de développer leurs propres "serious game". Car le but principal de ce type d'environnement est bien là : permettre à un plus grand nombre de personnes de s'essayer à la conception. Et le modèle connaît un succès de plus en plus important. "On voit émerger des plates-formes communautaires dont le but est d'aider les gens à créer leur propre environnement", ajoute Eric Viennot.
Vers un YouTube de jeux vidéo ?
"D'autres, comme Indigo Games, proposent aux amateurs ayant chacun des compétences différentes (graphisme, musique, etc.) de se regrouper pour réaliser un projet en commun". Cette émergence d'un nouveau modèle de création ouvert à tous ne représente pas - encore - en soi une véritable menace pour les professionnels."On ne peut pas faire croire à quelqu'un qu'il lui sera possible de développer seul un jeu perfectionné", souligne ainsi le directeur de création. Cette forme de création pourrait cependant répondre à une véritable demande sur le secteur du jeu pour PC, basé sur la gratuité et le partage. D'où la nécessité pour les professionnels de s'adapter. Notamment pour tirer parti de la situation. Parmi les solutions envisagées, celle d'organiser des concours de création et de récompenser le meilleur jeu amateur. Autre possibilité : "permettre aux gens de personnaliser leurs jeux. Trackmania donne accès à certains de ses outils pour permettre aux joueurs de créer leurs propres circuits", conclut Eric Viennot.
(*) Si le prix est accessible, l'environnement requiert plusieurs installations - en partie payantes - comme le framework .Net de Microsoft ou le XNA Game Studio 2.0. Blade3D peut être utilisé pour la conception de tout un jeu ou comme plate-forme de test d'un prototype développé en amont.

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