Jeu vidéo : une addiction comparable à celle des drogues dures ?

Par 18 novembre 2005 1 commentaire

Les toxicomanes du joystick devront-ils un jour passer par des cures de désintoxication ? C'est ce que laissent supposer les résultats d'une étude présentée par des chercheurs allemands

L'addiction au jeu vidéo présente un certain nombre de symptômes comparables à ceux provoqués par la dépendance à une drogue dite "dure". Menée à l'Université de Berlin sur trente adultes d'une vingtaine d'années, une étude présentée lors d'un colloque scientifique à Washington prouve que certains des traits caractéristiques de la dépendance à une drogue se retrouvent chez les joueurs fanatiques. Ceux-ci reconnaissent d'ailleurs leur addiction et confessent que leur passion pour le jeu vidéo les coupe du monde extérieur.Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont réuni quinze accros du jeu vidéo souffrant de problèmes sociaux de par leur addiction et quinze joueurs "raisonnables" chez qui ces loisirs ne prennent pas le pas sur leur vie.
Mémoire addictive
En guise de comparaison avec les drogues dites dures, les chercheurs ont voulu tester chez leurs cobayes le réflexe dit de la "mémoire addictive" ( drug memory ). Chez un toxicomane, le simple fait de voir une photo d'un lieu dans lequel il s'est déjà adonné à l'objet de son addiction réveille instantanément la sensation de manque, et suscite l'envie d'une consommation immédiate.A la vue de captures d'écran de leurs logiciels favoris, les addict du jeu vidéo ont eu la même réaction : une envie irrépressible de jouer afin de se sentir mieux. Ils se sont donc instantanément retrouvés en sensation de manque, signe caractéristique de la dépendance. Soumis aux mêmes images, les joueurs raisonnables n'ont pas manifesté de réaction particulière. Pour corroborer leur hypothèse, les chercheurs de Berlin ont élaboré un autre test.
Stimulus révélateur

Celui-ci se base sur une théorie selon laquelle plus une image est agréable, moins elle entraînera de réaction de surprise. Cette réaction, imperceptible à l'oeil nu, peut se mesurer grâce à la contraction d'un des muscles de l'oeil.Sans surprise, ils ont découvert que les sursauts du muscle oculaire étaient bien moins importants chez les dépendants du jeu que chez les joueurs plus raisonnables lorsque leur étaient proposées des images tirées de jeux vidéo. Selon Sabine Grüsser, responsable de l'étude, "le mécanisme est le même pour toutes les addictions". Lorsqu'une personne devient dépendante à une substance, tout son être se focalise sur cette dernière. L'assouvissement de son addiction devient le seul moyen pour le toxicomane de déclencher en lui la sécrétion de dopamine, cette substance qui procure la sensation de plaisir et de détente. Des cas extrêmes de dépendance ont déjà été relevés : des fanatiques vont parfois jusqu'à oublier de se nourrir pour ne pas quitter leurs univers virtuels. A l'hôpital de Boston, un service spécialisé dans le traitement de la dépendance à l'ordinateur et au jeu vidéo a même été mis en place.
L'Atelier BNP Paribas

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1 Commentaire

Ouai completement d'(accord vieux !

Soumis par nêther (non vérifié) - le 06 mai 2008 à 14h04

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