Les jeunes délinquants japonais plus marqués par une dépendance au portable ?

Par 16 juillet 2004
Mots-clés : Smart city

Quel est le rapport entre l’usage du téléphone portable et la délinquance juvénile ? Difficile de répondre à cette question… et difficile de penser à se la poser. La police japonaise, elle, n’a pas hésité. Elle vient de publier un rapport sur...

Quel est le rapport entre l’usage du téléphone portable et la délinquance juvénile ? Difficile de répondre à cette question… et difficile de penser à se la poser. La police japonaise, elle, n’a pas hésité. Elle vient de publier un rapport sur la relation entre le comportement des jeunes japonais délinquants et leur usage du téléphone portable.

Les conclusions de ce rapport établissent l’influence du mobile sur la vie des jeunes japonais, en comparant les différences d’usages du mobile chez les adolescents arrêtés par la police et ceux qui n’ont jamais eu affaire à celle-ci. Réalisée de septembre à décembre 2003, l’enquête a été menée auprès de 4 328 collégiens et lycéens (dont 993 interpellés par la police).

Le taux d’équipement et d’utilisation du téléphone mobile est plus élevé chez les jeunes indisciplinés ou en délicatesse avec la police, surtout chez les collégiens : Plus de la moitié de ces jeunes détiennent un téléphone mobile contre 20% de moyenne dans cette classe d’âge. Les premiers utilisent activement cet outil de télécommunication mobile, aussi bien pour passer des coups de fil que pour envoyer des e-mails.

Ces adolescents déclarent plus souvent avoir déjà été en conflit avec leurs parents à propos de l’usage du mobile (77% contre 54,8%), et aimeraient avoir plus d’argent pour utiliser davantage leur mobile (60,8% contre 42,9%). Parmi les lycéens, 30,6% des jeunes arrêtés par la police ont déjà travaillé pour payer leurs notes téléphoniques (18,4% pour les autres).

De plus, l’enquête de la police japonaise parle d’une dépendance psychologique au mobile : 85% des collégiennes en difficulté pensent qu’elles ne se sentent pas à l’aise sans leur mobile, et 78,8% ne peuvent pas éteindre leur portable pendant la nuit pour attendre les messages.

Enfin, l’étude de la police japonaise aborde le comportement plus général des adolescents, et indique que les jeunes utilisateurs intensifs du mobile sont également plus nombreux à consommer des boissons alcoolisées, fumer ou commettre un délit.

Chacun peut, à partir de là, émettre ses propres hypothèses sur la question des liens entre délinquance et utilisation du portable. Certes on remarque chez de nombreux jeunes (et même chez un grand nombre d’adultes) une dépendance au mobile qui les empêche de se sentir très à l’aise sans leur portable.

Pour ce qui est de l’usage intensif que font les délinquants du portable, il est peut-être permis de se dire qu’à l’âge adolescent, l’excès peut tout simplement se répercuter sur tous les domaines de la vie quotidienne, y compris sur l’usage du téléphone portable.

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