"Les jeux sérieux permettent d'expliquer des problèmes complexes"

Par 02 décembre 2009
Mots-clés : Smart city

IBM annonce le lancement de la deuxième version d'Innov8, un serious game consacré à l'étude de la gestion des processus d'entreprise. L'occasion de discuter avec Phaedra Boinodiris, en charge du secteur.

L’Atelier : La première version d'Innov8 s'adressait aux étudiants. Quelle est la nouveauté de cette nouvelle mouture ?
Phaedra Boinodiris : Notre jeu apprenait aux étudiants les bases de la gestion des processus d’entreprise. Cette version s’ouvre aux sociétés et aux collectivités qui peuvent s’essayer à différents scénarios. Par exemple, comment les villes peuvent utiliser les processus d’entreprise pour réduire les problèmes de circulation. C’est un jeu en trois dimensions à la première personne. Le joueur endosse le rôle d’un consultant chargé par le PDG d’une entreprise d’étudier ce qui ne convient pas dans le modèle d’affaires de sa société. Il devra faire face à divers évènements et faire en sorte d’optimiser le modèle d’affaires pour augmenter la profitabilité, la satisfaction des clients, etc.
Vous évoquez les processus d’entreprises, un marché dans lequel IBM évolue également.
Tout à fait, les jeux sérieux font partie intégrante de la stratégie d’IBM. C’est un moyen pour nous d’expérimenter comment les nouveaux médias, et les jeux en particulier peuvent permettre d’expliquer des problèmes complexes. Nous travaillons dans cinq domaines : la formation technique, le marketing, le leadership, l’intégration et l’évaluation des employés, et les méthodologies de la productivité. Nous produisons une partie de nos jeux et nous en sous-traitons une autre partie.
Il faut donc passer par le ludique pour acquérir de meilleurs réflexes professionnels ?
Il ne faut pas considérer le jeu comme la panacée et se dire que cela répondra à tous les problèmes. Cela étant dit, il reste un outil extraordinaire pour aider à la compréhension de problèmes complexes. Le niveau d’implication est plus fort que pour les méthodes plus classiques. Les joueurs participent activement au processus d’apprentissage. C’est un vrai processus collaboratif.
Cette approche est-elle appropriée pour toutes les entreprises ?
Oui, c’est une méthode qui correspond aussi bien aux PME qu’aux grandes multinationales. Au sein de ces dernières, les équipes travaillent souvent à distance dans un environnement multiculturel. Les cadres ont besoin des mêmes compétences que celles des maîtres de guilde dans un jeu comme World of Warcraft : être capable d’évaluer les compétences de personnes que l’on a jamais réellement rencontrées, évaluer l’avancement d’un projet, etc. Des compétences que les jeux sérieux permettent de développer.

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