Les jeux vidéo et le troc.

Par 01 avril 1998

La mode du troc a bouleversé le marché chez les accros des jeux vidéo. Que ce soit Score Games, Stock Games, Flash Games, plus récemment Recycleware ..., les magasins spécialisés se sont tous préci...

La mode du troc a bouleversé le marché chez les accros des jeux vidéo. Que
ce soit Score Games, Stock Games, Flash Games, plus récemment Recycleware
..., les magasins spécialisés se sont tous précipités pour exploiter le
filon. Sur ce marché, se mêlent aussi bien petites boutiques aux pratiques
commerciales peu transparentes et chaînes de magasins dotées de règles
plus strictes. Constatant qu'une partie du marché leur échappe, les
éditeurs de jeux commencent à s'inquiéter.
Le premier à s'être lancé dès 1992, Score Games compte aujourd'hui près de
28 magasins pour la plupart situés en région parisienne, et devrait
totaliser 40 boutiques d'ici à la fin de l'année. Le système est simple :
la durée de vie commerciale d'un nouveau jeu étant d'environ quinze jours
à un mois, les spécialistes de l'occasion peuvent s'offrir rapidement un
catalogue de jeux important "il faut moins de dix jours pour qu'un jeu
récent revienne au magasin". Cela s'explique par la prolifération de
nouveautés que lancent chaque année Sony, Nintendo, Sega pour gagner des
parts de marché. Plus le titre est récent, plus le magasin le rachète cher
et plus le joueur peut espérer l'échanger contre une nouveauté. Les
rotations sont très rapides. Alors que la population moyenne des joueurs
consomme 3 ou 4 jeux par an, les 150 000 super accros que comptent la
France en consomment 3 ou 4 par mois.
Il est difficile d'évaluer avec précision ce marché de l'occasion, mais
son potentiel de croissance suscite bien des convoitises. Les ventes de
jeux vidéo ont rapporté en France en 1997 près de 3 milliards de F (35 %
de plus que l'année précédente). Le chiffre d'affaires de Score Games est
passé de 18 millions de F en 1992 à 250 millions en 1997.
Les distributeurs spécialisés dans la vente du neuf commencent à se
pencher sur ce marché de l'occasion. Si la FNAC n'en est encore qu'aux
études préalables, Micromania a, pour sa part, ouvert son premier
Recycleware à Paris en janvier 1997, suivi depuis de cinq autres (voir la
revue de presse du 13/02).
Tout en voulant minimiser le phénomène, le délégué général du Sell, Hervé
Pasgrimaud reconnait que cela "porte préjudice aux fabricants en limitant
le potentiel des ventes de jeux neufs et surtout en donnant une fausse
idée du prix du produit".
Le développement d'un jeu coûte en France, en moyenne, entre 5 et 7
millions de F, chiffre qui doit être multiplié par quatre aux Etats-Unis.
Comme le souligne un responsable de Sony "les logiciels contribuent pour
plus de 50 % aux bénéfices des fabricants qui ne vont pas risquer de
laisser ce marché leur échapper". Aussi, même s'ils jurent que cela n'a
rien à voir, les fabricants de consoles se sont mis à décliner des gammes
de jeux à petits prix, comme Sony qui, six mois après la sortie de Tomb
Raider II, relance la première version du jeu à .... 150 F.
(Dossier de deux pages - Le Nouvel Economiste - 27/03/1998)

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas