Jibo, premier pas vers un assistant virtuel physique ?

Par 20 avril 2016
Jibo

Présents à la dernière édition du SXSW, Jibo est conçu comme un robot intelligent et multi-fonctionnel pour le foyer familial.

Aux antipodes des créations humanoïdes du professeur Hiroshi Ishiguro, Jibo est un petit robot aux formes rondes, à la surface blanche immaculée et doté d’un écran animé. « Son apparence est très particulière, c’est un robot qui ne se déplace pas mais possède trois axes de rotation lui permettant d’exprimer des émotions par sa posture. Il est doté d’un écran avec un oeil unique, qui peut se changer en différentes formes en fonction de l’activité en cours : objectif d’appareil photo, texte, coeur…. Il peut aussi montrer des images ou des vidéos. » explique Roberto Pieraccini, à la tête de l’équipe chargée des fonctions conversationnelles chez Jibo. En somme, un robot-objet connecté et multi-fonction s'adressant au foyer familiale. Pas que.

 

En effet, en dehors de son aspect « gadget familiale », Jibo s'apparent à un assistant virtuel à part entière, capable de prendre part à des discussions et de traiter des demandes complexes, comme de commander de la nourriture ou réserver un voyage. Doté de capacités d’apprentissages, il retient les préférences de son propriétaire. Et le fait qu’il soit doté d’un corps, contrairement à la plupart des assistants virtuels du marché, permet d’effectuer des combinaisons intéressantes. « Il peut faire de nombreuses choses dont les autres sont incapables, car ils ne possèdent pas de vision ou de capacités d’animation. » affirme Roberto Pieraccini.

L’avenir de l’intelligence artificielle

S’il est pour l’heure encore à l’état de prototype, ce robot offre un mélange intéressant entre les intelligences artificielles éthérées qui se multiplient et les robots dotés d’un corps perfectionné, mais aux capacités cognitives limitées. Combiné avec un système d’intelligence artificielle très avancé, comme celui actuellement développé par la start-up Viv, il pourrait devenir un connecteur offrant à son propriétaire un vaste contrôle sur les objets intelligents. En effet, il est également capable d’interagir avec les différents objets d’une maison connectée, et peut ainsi éteindre et allumer les lumières, lancer le chauffage avant que ses propriétaires ne rentrent chez eux…

Les possibilités seraient dès lors infinies. Dans un futur plus ou moins lointain, le propriétaire de Jibo pourrait lui demander de sélectionner une tenue dans sa penderie en fonction des activités prévues dans la journée. Si un vêtement venait à manquer, on pourrait imaginer qu'il le commande en ligne, ayant sa taille et ses préférences en tête… Une perspective parmi de nombreuses possibles.

Reste cependant le risque souligné par Albert Borgmann, philosophe américain spécialisé dans les nouvelles technologies, dans son livre Real American Ethics. Une technologie répondant ainsi au moindre des besoins ne risque-t-elle pas d’encadrer les désirs à force de les anticiper, et sur le long terme d’affaiblir les capacités cognitives de prise de décision, d’exploration, d’audace et d’invention ? Celui-ci met en garde de ne pas « finir contrôlés par notre propre maison à force de vouloir la contrôler. »

 

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