Le journalisme sur Internet vaut bien un prix Pulitzer

Par 27 avril 2009

Cette forme de journalisme directe et participative supplante la forme papier traditionnelle dans la catégorie ''Breaking news''. Ses avantages : la rapidité d'accès et de partage de l'information.

Le prix Pulitzer a récompensé cette année dans la catégorie "nouvelles de dernière minute", trois journaux qui ont favorisé Internet comme support d'information direct plutôt que le papier. Interrogé par L'Atelier, Joshua Benton, fondateur du Nieman Journalism Lab à Harvard, explique qu'"il n'y a plus aucun doute que le web a complètement dépassé les journaux comme source de nouvelles de dernière minute". Les sites Internet sont les premiers alimentés même dans les grands quotidiens afin de faciliter la communication autour de l'histoire précise-t-il. C'est aussi pour les journaux un moyen de conserver la primeur de la publication des nouvelles. Précédemment, quand une news tombait à onze heure du matin il fallait attendre le lendemain pour la voir paraître.
Des médias participatifs
Or, maintenant, tout le monde en a déjà entendu parlé par un canal comme la radio, la télévision, un ami etc. "Il y a donc une transformation, les informations publiées le lendemain se veulent plus analytiques, plus profonde dans la réflexion" précise Joshua Benton. Trois événements ont été mis en avant lors de la cérémonie. Le suivi d'une affaire de prostitution par le New York Times, celui de l'ouragan Ike par le Houston Chronicles et d'une fusillade par le Saint Louis Post. La couverture faite de ces événements par les sites Internet des journaux a permis aux lecteurs de suivre les faits tout au long de la journée. Jeff Cohen, éditeur du Houston Chronicles explique "qu'ils ont couvert l'événement comme les gens le voulaient : en ligne, de façon digitale avec des médias directs".
Vers un nouveau journalisme ?
Pendant l'ouragan, le Houston Chronicles a reçu quatorze mille visites simultanées. De plus les gens ont pu apporter jusqu'à cent cinquante posts quotidiennement pour alimenter les débats et enrichir les informations mises en lignes. Au final, les participations ont permis de monter quatre vingt dix vidéos qui ont été vues près de un million de fois. Toutefois, Joshua Benton explique que pour le moment il n'y a pas encore de modèle économique grand modèle qui supporte le journalisme d'investigation sur Internet mais qu'une partie du travail journalistique a déjà été transféré sur cette plateforme.

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