Des kernels Linux renforcent les capacités d'Internet

Par 24 août 2009
Mots-clés : Smart city

Une grille de millions d'ordinateurs virtuels pourrait prévenir les attaques de logiciels automates. Cette expérimentation facilitera la mise au point des futurs supercalculateurs.

Le web mondial tient dans un million de noyaux de systèmes d'exploitation Linux. Et ce mini-monde virtuel pourra être mis à contribution dans la lutte contre les attaques malveillantes. L'équipe américaine du Sandia National Laboratories (*), qui a réalisé ce modèle réduit, désire plus particulièrement analyser et comprendre le comportement des machines zombies, et les modes de propagation des botnets (**) de PC en PC. Selon les chercheurs, en établissant - avec ces ordinateurs virtuels - un réseau informatique équivalent à celui que l'on trouve dans un petit pays, il est possible de surveiller et mettre en lumière une attaque de n’importe quel type.
Imiter et agrandir Internet
Jusqu'alors, un tel résultat était impossible à obtenir en étudiant des ordinateurs réels dispersés sur toute la surface du globe. Pour réaliser leur projet, les scientifiques ont utilisé le Thunderbird, un cluster Linux ultra performant doté de 4 480 nœuds, créé en partenariat avec Dell et Cisco. C'est le couplage de 250 kernels - tournant sur autant de machines virtuelles - à ces nœuds qui leur a permis de dépasser le chiffre de 20 000 "machines" qu'ils avaient déjà réussi à relier. Les recherches ne s’arrêtent pas là. En étendant le processus jusqu’à des millions d’opérateurs virtuels, il est donc possible d’imiter une partie d’Internet de manière fonctionnelle, mais aussi d’améliorer ses performances.
Une vaste mise en application
L’étendue d’Internet est difficile à comprendre », rappelleRon Minnich, un des ingénieurs du groupe Sandia. Les nombreux phénomènes qu’on y trouve ne sont pas totalement maîtrisés puisque nous ne pouvions jusque-là les modéliser de manière fidèle". Outre la possibilité d’améliorer les performances des machines et systèmes d’exploitation, Ron Minich que les travaux peuvent faciliter le développement systèmes logiciels de calcul haute performance avant même que les machines capables de les faire tourner soient assemblées voir même mises au point.
* Le département de la sécurité et de l’énergie nucléaire des États-Unis.
** Ces logiciels sont depuis longtemps un problème pour la sécurité et la confidentialité des utilisateurs du Web. Ces réseaux de machines zombies sont responsables d’envoi massif de spams et d’attaques par déni de service sur des serveurs cibles.

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