Kindle DX et les malvoyants: les limites de l'interface du livre électronique

Par 13 novembre 2009

L'interface de l'appareil d'Amazon ne permet pas à un aveugle de lancer la lecture vocale d'un livre. Deux universités écartent son adoption tant que ce problème d'accessibilité subsistera.

En avril dernier, Amazon avait déjà dû faire face à une fronde des aveugles et des malvoyants suite à sa décision de laisser aux éditeurs le soin de décider de proposer, ou non, la fonction text-to-speech sur Kindle. La nouvelle version de son livre électronique, le Kindle DX, est à nouveau source de polémique. Les universités de Wisconsin-Madison et de Syracuse viennent en effet d’annoncer leur décision de ne pas le déployer dans leurs établissements. En cause : l’inaccessibilité de l’appareil aux étudiants non ou malvoyants. Kindle DX propose bien, comme  son prédécesseur, une fonction de synthèse vocale, mais l’interface de l’appareil ne permet pas à un malvoyant d’y accéder.
Des fonctions inutilisables à un étudiant aveugle
Résultat : impossible, pour un utilisateur aveugle, d’acheter des livres dans la boutique d’Amazon depuis un Kindle, de choisir un livre à lire ou d’activer les fonctions lectures à voix haute ou autres fonctions facilitant la lecture. L’appareil est donc en grande partie inutilisable pour cette catégorie d’utilisateurs. La décision des deux universités a été saluée par la Fédération Nationale des aveugles américaine. « Nous ne nous opposons pas aux manuels électroniques, explique son président. Ils sont très prometteurs pour les aveugles, à condition qu’ils soient accessibles ». L’association engage les universités à ne pas considérer le Kindle DX comme une solution acceptable, tant que son interface n’aura pas été rendue accessible aux malvoyants.
Des solutions alternatives
L’annonce des deux universités reste cependant à relativiser. Elles ont en effet investi dans des appareils Kindle pour expérimenter l’utilité des livres électroniques auprès de leurs étudiants, pour distribuer des manuels et supports de cours. Elles n’envisagent cependant aucune adoption généralisée tant que le problème n’aura pas été réglé. En attendant, les étudiants souffrant de déficiences visuelles peuvent se reposer sur des produits comme le Victor Reader ou d’autres appareils de lectures de livres. Ceux-ci sont parfois moins coûteux que le Kindle et les livres peuvent être obtenus en faisant appel à des associations comme Recording for the Blind & Dyslexic. Pour Ken Frazier, directeur de la librairie universitaire de l’université de Wisconsin-Madison, Amazon n’aura pas d’autre choix, à terme, que de proposer une version accessible de son appareil.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas