Kiva: le Web 2.0 au service du microcrédit

Par 06 avril 2007

Internet abolit les frontières, c'est bien connu. Et si cette nouvelle liberté était mise au service d'un projet de développement? C'est ce que propose Kiva, une plate-forme qui propose tout simplement aux...

Internet abolit les frontières, c'est bien connu. Et si cette nouvelle liberté était mise au service d'un projet de développement? C'est ce que propose Kiva, une plate-forme qui propose tout simplement aux internautes disposant de sommes d'argent d'être mis en contact avec des micro-entrepreneurs présents dans les pays en voie de développement pour les financer. La solidarité version Web 2.0!
 
Selon Premal Shah, le président de Kiva, dans des propos rapportés par 01net, "Kiva -unité en swahili- est un site à but non lucratif sur lequel chaque personne disposant d'un accès Internet et d'une carte bancaire peut choisir de prêter de l'argent à taux zéro à des centaines de micro-entrepreneurs originaires d'une trentaine de pays en voie de développement".
 
La plate-forme fonctionne sur le principe très en vogue des réseaux sociaux. Elle s'occupe de mettre en contact les deux parties, sans intervenir et sans demander de rémunération. Et le principe est très simple: l'internaute-investisseur doit seulement créer son profil, consulter ceux du ou des entrepreneurs qu'il souhaite financer puis effectuer la transaction grâce au système sécurisé PayPal. L'entrepreneur, de son côté, s'engage à rembourser la somme reçue sur une période de six à douze mois. Selon le site, à ce jour, aucun professionnel n'a manqué à sa promesse. Pour fonctionner, Kiva compte sur la générosité des internautes et des institutions.
 
 
Vous souhaitez vous engager dans une action humanitaire mais n'avez pas de temps? Aidez un micro-entrepreneur à développer son activité!
 
Mais s'il est facile pour les Occidentaux de découvrir Kiva et de s'y inscrire, par la presse, le bouche-à-oreille ou par une simple recherche Internet, comment prospecter sur le terrain pour trouver des personnes porteuses d'un projet viable mais manquant de finances pour le réaliser ? En faisant confiance à des ONG présentes sur le terrain, et qui se chargent de découvrir et aider ces nouveaux talents à concrétiser leur projet.
 
La société, lancée en 2005 à San Francisco, n'a pas tout de suite fait beaucoup d'émules. En effet, si Internet est perçu comme nous apportant de nouvelles libertés, il pose de nouveaux problèmes, notamment celui de la confiance. Comment savoir si la somme allouée va véritablement à la personne sélectionnée et n'est pas détournée?
 
Pour rassurer les internautes du sérieux de son projet, Kiva a bénéficié du soutien de sociétés de la Silicon Valley comme PayPal, qui offre gratuitement ses services au site. MySpace et YouTube affichent pour leur part des bannières publicitaires de Kiva. Autre partenaire, et non des moindres: Google, qui édite gratuitement de la publicité pour le site. Ce coup de pouce, qui génère entre 25 et   30% du trafic du site, est loin d'être anodin!
 
La plate-forme a également profité de la popularité de Muhammad Yunus, lauréat du Nobel 2006 de la Paix pour avoir développé le micro-crédit en fondant la Grameen Bank, qui permet aux paysans et autres citoyens pauvres du Bangladesh d'emprunter des sommes à taux très bas.
 
Entreprise révolutionnaire ou utopie? Si le procédé a certainement des limites, il est également porteur d'espoir. Et surtout, il fonctionne. 5 000 emprunteurs ont déjà bénéficié de quelques 3.3 millions de dollars prêtés par 40 000 personnes.
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 06/04/2007)

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