L’état du marché e-learning

Par 18 mai 2006
Mots-clés : Smart city

Le Club informatique des grandes entreprises françaises (Cigref) se demandait alors lui-même dans une étude si 2001 serait "l’année du e-learning". Un peu vite peut-être, car les entreprises étaient encore échaudées...

Le Club informatique des grandes entreprises françaises (Cigref) se demandait alors lui-même dans une étude si 2001 serait "l’année du e-learning". Un peu vite peut-être, car les entreprises étaient encore échaudées par les coûts élevés de cette formation à distance basée sur l’utilisation d’Internet, et par des outils encore peu diversifiés. Beaucoup de prestataires de services d’alors se contentaient de transférer un contenu papier sous format HTML, en ignorant la spécificité du contenu Internet. D’ailleurs, nombre de start-ups qui s’étaient lancées sur ce créneau, telles Studi.com, u3k.com, ou même Education.com, lancé en 2001 par un certain Jean-Marie Messier, n’ont pas survécu.
 
Un nouveau départ pour l'e-learning
 
Mais les choses ont changé, l’e-learning semble bien trouver un second souffle. Et ce "grâce aux technologies", comme le titrait le Financial Times le 30 mars dernier. S’ajoute à cela un nouveau contexte sociologique : plus de la moitié des foyers français sont aujourd’hui connectés à Internet, dont 20% en haut débit, et depuis le 1er janvier 2005, dans le cadre du droit individuel à la formation (DIF), chaque salarié a droit à 20 heures de formation par an.
 
Avec à la clé 50% de son salaire versé par heure de formation effectuée hors du temps de travail. Enfin, cela rend la formation accessible à tous, y compris aux expatriés et aux actifs vivant dans des régions isolées. Du pain bénit pour inciter les salariés à se convertir au e-learning.
 
Certes, les chiffres incitent à la prudence. Les sondages sur le sujet sont encore rares : d’après un sondage de l’Ifop de février 2005 seules 20% des 200 PME sondées se sont mises au e-learning, et 67% se disent prêtes à s’y mettre d’ici un an. Alors que 90% des grandes entreprises y seraient passées. Par ailleurs, cela ne représenterait qu’une paille dans le budget formation des entreprises, alors que la formation professionnelle pesait en 2003 3,6 milliards d’euros, d’après la Dares (ministère du Travail).
 
Pourtant, le marché du e-learning se structure. Parmi les principaux acteurs, on trouve des instituts de formation, comme Demos, qui a racheté récemment eLearning Agency. Ou encore la Cegos (1,5 million d’euros de chiffre d’affaires en 2005 sur son activité e-learning) – malgré ses déboires : elle n’a ouvert son portail dédié à l’e-learning qu’en 2001, avant de le fermer fin 2002 avec des pertes d’exploitation de 2,7 millions d’euros.
 
Autres acteurs, des prestataires spécialisés, comme Crossknowledge (7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2005), et des start-ups désormais installées sur ce créneau, comme iProgress (4 millions d’euros de CA en 2005), ou Onlineformapro (1,3 million d’euros de CA en 2005). Ou encore les deux leaders des cours de langue à distance, Télélangue (4,6 millions d’euros de CA en 2005) et Auralog (12 millions d’euros de CA total en 2005).
 
(Atelier groupe BNP Paribas - 19/05/2006)

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