L’ingénieur : L’avenir de la maison connectée est dépendante du déploiement de l’IPv6

Par 07 mai 2004
Mots-clés : Future of Retail

Patrick Cocquet est président de l'IPv6 Task Force France, une organisation regroupant représentants de l'industrie, des services, des administrations, des milieux académiques et d'associations qui souhaitent travailler au déploiement de réseaux...

Patrick Cocquet – Président de l'IPv6 Task Force France et président de 6WIND

Patrick Cocquet est président de l´IPv6 Task Force France, une organisation regroupant représentants de l'industrie, des services, des administrations, des milieux académiques et d'associations qui souhaitent travailler au déploiement de réseaux et d'applications IPv6. Les activités de l’IPv6 Task Force consistent à réunir les acteurs du déploiement afin de partager les expériences, de coordonner des actions et de devenir force de proposition. Au nombre des thèmes autour desquels l’IPv6 travaille et qui sont listés sur son site web figurent « les applications d'IPv6 dans la maison ».

Atelier - Patrick Cocquet, bonjour. Pouvez-vous nous expliquer le rapport entre le déploiement de l’IPv6 et la thématique de la maison connectée ?

Patrick Cocquet - Les réseaux domestiques supposent que chaque équipement qu’ils relient ait une adresse IP. Aujourd’hui, l’IPv4 autorise le déploiement de plus de 4 milliards de combinaisons d’adresses. C’est peu, lorsqu’on veut faire un réseau mondial et construire un réseau de communication sur IP. Deux tiers des adresses de ce protocole sont aujourd’hui attribuées.

L’IPv6 offre des capacités d’adressage bien plus étendues, en augmentant la taille des adresses IP de 32 à 128 bits (NDLR : IPv4 permet d'adresser 2^32=4,29.10^9 adresses tandis que IPv6 permet d'en adresser 2^128=3,4.10^38). C’est-à-dire des capacités quasi infinies. Le passage à l’IPv6 est déterminé par un besoin de terminaux avec de réelles adresses universelles.

Atelier – En quoi le déploiement de l’IPv6 permettra-t-il un développement des applications liées à la mobilité ?

Patrick Cocquet – L’IPv6 est intrinsèquement lié au « Plug and Play », qui fournit une solution simple à la configuration des appareils. C’est grâce à cette application que les terminaux vont pouvoir devenir mobiles. IPv6 permet aux appareils une auto-construction, sans serveur, de leur adresse.

Atelier – Où en est-on du déploiement de l’IPv6 aujourd’hui ?

Patrick Cocquet – Les deux versions vont cohabiter pendant un long moment. Aujourd’hui, on sait offrir des services IPv6 pour la maison mais avec une infrastructure télécoms qui est de l’IPv4. L’IPv6 va être amené à se développer considérablement avec les nouvelles applications à la vidéoconférence, à la téléphonie, etc.

Aujourd’hui, la normalisation est stabilisée. Il faut désormais accélérer le déploiement de l’IPv6. Sur ce terrain, il y a des acteurs qui sont très mobilisés. Je pense notamment aux grands industriels. C’est une bonne chose parce que si demain les produits grands publics deviennent faciles à connecter au réseau domestique et que leurs prix vont s’amenuisant, il n’y a pas de doute que le marché de la maison connectée en profitera.

Propos recueillis par Anaïs Grassat et Jean de Chambure

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