L'ADN retraçe le produit

Par 27 février 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

Décoder des informations numériques insérées dans de l'ADN devient plus accessible et moins onéreux. De nombreuses activités - comme le suivi de produit - profiteront de cette méthode de traçage invisible et quasi infaillible.

Lutter contre la contrefaçon en identifiant rapidement et d'une manière quasi infaillible des objets de valeur comme des tableaux. C'est ce qui est permis par l'ADN. Cette molécule est capable de stocker de l'information numérique de façon stable et fiable. Ce n'est pas une nouveauté. Reste que le système était encore relativement coûteux. Pour résoudre ce problème, une équipe de l'université de Berkeley développe un système d'encodage binaire qui ne nécessite pas de techniques de séquençage* coûteuses. Résultat, alors que l'information était codée dans l'ADN lui-même, elle se trouve maintenant dans les enzymes chargés de le couper. Chaque enzyme possède sa façon de tailler l'ADN. Une méthode qui permet d'obtenir des fragments dont la taille est caractéristique.
Du traçage par ADN
"L'avantage du code ADN est dans sa multiplicité : il existe des milliards de combinaisons possibles", explique à L'Atelier Jean-Louis Nahon, directeur de recherche à l'Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire au CNRS. "Ce code est également moins visible et plus robuste", précise-t-il. Avec tout cela, on peut envisager leur généralisation au niveau de la chaîne de production, afin de garantir l'authenticité et la qualité d'un produit. Des sortes de tags RFID invisibles, finalement. Plusieurs sociétés proposent déjà ce type d'applications. DNA Technologies propose ainsi des solutions de tracking basées sur l'ADN pour le secteur pharmaceutique ou encore la protection de la propriété intellectuelle.
Des messages codés inviolables
"La technique s'annonce aussi très prometteuse en matière d'espionnage : elle permet d'envisager des messages codés plus fiables que les systèmes de codage actuels", ajoute Jean-Louis Nahon. Cette méthode de décodage, baptisée digestion partielle de restriction (PRD, pour partial restriction digest), n'est pas nouvelle. "Ce qui est inédit, c'est de l'utiliser pour du codage d'informations numériques", conclut le chercheur. Qui estime cependant que la technique n'est pas la seule à proposer du décodage simple et économique. Ainsi le pyroséquençage, proposé depuis le début des années 2000, permet en une seule manipulation d'obtenir une lecture directe de l'ensemble des gènes transcrits.
Mathilde Cristiani
*méthode qui permet de déterminer l'ordre linéaire des composants des nucléotides.

L'Atelier BNP Paribas

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